Vos onze engagements en faveur de la planète - Le Soir



CHRISTOPHE SCHOUNE
samedi 12 avril 2008, 09:07 Le Soir

PLUS DE 80 % des francophones se disent prêts à réduire leur empreinte écologique d'un tiers.
Calculez votre empreinte écologique ici.
Ce n’est pas un crop circle, mais l’exacte représentation de l’empreinte écologique du Belge. Soit une surface de 5,6 hectares dessinés dans le sable d’une plage de Zeebrugge. © VRT – Bart Muschoot.
Repères
L'empreinte écologique. C'est la mesure de notre impact sur la planète. Elle calcule la surface biologiquement productive de terre et d'eau dont un individu, une ville, un pays ou l'humanité ont besoin pour produire les ressources consommées et absorber les déchets. Cette mesure est conservatrice et ne tient pas compte des altérations irréversibles à la biosphère. Trois planètes seraient nécessaires si le mode de vie des Belges était universel.

Plus de 200.000 tests réalisés. En janvier 2006, Le Soir et le WWF lançaient un calculateur en ligne lié à l'empreinte écologique et aux moyens de la réduire. Plus de 200.000 personnes ont déjà réalisé le test des deux côtés de la frontière linguistique. http://blogs.lesoir.be/empreinte-eco
Quels sont les engagements des francophones pour préserver la planète ? Après avoir décrypté les attentes de la population à l'égard des pouvoirs publics en matière de mobilité ou d'énergie, notamment, le dernier volet du baromètre Le Soir/RTBF sur les francophones et l'environnement témoigne, au-delà de la prise de conscience des enjeux, d'une énorme marge de manœuvre individuelle. Plus de 80 % des francophones sont d'avis de prendre au moins un engagement dans la liste dressée ci-dessous.

« Le baromètre montre qu'une personne sur cinq connaît aujourd'hui le concept de l'empreinte écologique, note Annick Vanderpoorten, chargée de mission au WWF. Cela montre l'enthousiasme suscité par cet indicateur global de l'impact de notre mode de vie sur l'environnement. La traduction des engagements en surface épargnée (NDLR : le mètre carré est la mesure de l'empreinte écologique) démontre aussi que des petits gestes peuvent faire, bout à bout, la différence… »

Globalement, l'empreinte écologique des 1.205 personnes interrogées par l'institut Dedicated Research se chiffre à 3,8 hectares. C'est légèrement moins que l'empreinte des lecteurs du Soir et du Standaard (4 hectares), calculée par près 200.000 personnes depuis un questionnaire en ligne lancé en janvier 2006 à l'initiative du Soir et du WWF. Et c'est bien moins que l'empreinte moyenne belge estimée à 5,6 hectares par personne. Explication : les personnes questionnées auraient tendance, d'une manière générale, à simuler la vertu, qu'il s'agisse de la réalité de leur situation ou des intentions déclarées en matière d'action.

« On observe une évolution dans les tendances, poursuit-on au WWF. Même si un frein majeur par rapport aux changements de comportements liés à l'usage de la voiture demeure, l'adhésion est de plus en plus grande à l'égard de changements de modes de consommation liés à l'alimentation ou à l'électricité verte. »

Au total, les Bruxellois acceptent davantage de s'engager que les Wallons dans des actions : 40 % contre 35 % de oui en moyenne. Ce phénomène s'explique entre autres par le fait que les Wallons appliquent déjà plus certains engagements que les Bruxellois. Au rayon fruits et légumes de saison non cultivés en serre, 59 % des Bruxellois déclarent s'engager à opter pour cette option contre 44 % chez les Wallons. Mais ces derniers seraient déjà plus sensibles à cette question (53 %) que les Bruxellois (33 %). Autre différence sensible : 59 % des Wallons déclarent débrancher les appareils en veille. Ils ne sont que 46 % des Bruxellois à se déconnecter.

Prendre les transports en commun vers le lieu de travail ? Ce n'est pas une surprise, 55 % des Wallons refusent cette hypothèse alors que 29 % de Bruxellois seulement y sont opposés. Ces chiffres témoignent une fois encore de la difficulté pour les Wallons de considérer le réseau des transports publics comme une réelle alternative à la voiture individuelle sur le chemin du travail.

« Ces résultats renforcent les attentes et l'adhésion des francophones à l'égard de mesures incitatives en faveur des transports publics et dissuasives vis-à-vis de la voiture (NDLR : Le Soir de lundi et de jeudi), poursuit Annick Vanderpoorten. Et ils témoignent d'un potentiel conséquent si l'on songe qu'une personne sur deux est favorable à l'idée de passer chez un fournisseur d'électricité verte. »

Sur ce dernier point, on observera que 18 % des Wallons déclarent avoir déjà fait le pas contre 8 % des Bruxellois. Et si cette intention de passer à l'électricité verte était appliquée à l'ensemble de la population francophone ? Selon les calculs effectués par le WWF, cette démarche permettrait à elle seule d'épargner 37,7 % de la superficie de l'espace Wallonie-Bruxelles. Enfin, s'il ne fallait retenir qu'un chiffre, notons peut-être celui-ci : dans l'hypothèse où tous les Belges devaient accepter les engagements pris par notre échantillon, l'empreinte moyenne serait réduite d'un tiers. Ce qui permettrait, en termes de bioproductivité, d'épargner une surface équivalente à près de deux fois la Belgique. De quoi un peu alléger la dette du pays à l'égard de la planète…

L'Eco-féminisme

- Introduction L’écologie féministe, éco-féminisme ou encore, « féminisme environnementaliste », est une approche féministe de l’éthique environnementale, apparue entre les années 1970 et 1980 et est considérée comme faisant partie de la « seconde vague » féministe. Né de l’union entre les pensées féministes radicales et écologiques, l’éco-féminisme doit son appellation à la féministe française Françoise d’Eaubonne. Notons qu’en Amérique du Nord, elle s’est principalement développée à partir des mouvements antinucléaire, anti-guerre, pro-environnementaux et pro-homosexuels (lesbiennes) et, bien sûr, féministes « généralistes » des années 1980. Depuis, maintes publications, conférences et actions basées sur la reconnaissance et l’analyse des connexions existant entre les femmes, la nature et le changement social constituent autant de jalons autorisant l’approche théorique que nous développons ci-après. L’éco-féminisme établit un étroit lien entre la domination de la nature par l’homme et l’exploitation des femmes. Il s’oppose de façon radicale à la mondialisation néo-libérale, considérée comme la cause majeure des problèmes de ce siècle : l’exclusion, les violences, la pauvreté, la pollution, les guerres ouvertes ou larvées. Il est à la fois un mouvement de l’esprit, une philosophie de la vie et une résistance politique. L’éco-féminisme n’est pas un mouvement homogène mais apparaît comme une « résultante » constituée de différentes approches contribuant chacune à alimenter la théorie. Cette hétérogénéité constatée aux sources et au sein-même de l’écologie féministe fait à la fois ses forces et ses faiblesses. (...) Accès à la recherche complète (20 pages) sur demande.