"Forum nucléaire", campagne de propagande d’un secteur en perte de vitesse

Sous le couvert du « Forum nucléaire », le lobby nucléaire envahit tant l’espace public que de nombreux médias depuis quelques jours. Le coût de cette campagne de propagande est évalué à deux millions d’€.

Ce mal nommé « Forum nucléaire » regroupe des constructeurs nucléaires (le français Areva et l’américain Westinghouse) et les producteurs nucléaires présents sur le marché belge (le français GDF Suez, par le biais de sa filiale Electrabel, et la SPE). Ces entreprises réalisent actuellement des profits gigantesques (1 milliard d’euros par an) grâce aux bénéfices générés par des centrales désormais amorties grâce à la contribution substantielle des consommateurs, qui ont pendant des années payé un surcoût sur le prix de leur kWh. Les risques et la gestion des déchets qui resteront radioactifs des centaines de milliers d’années demeurent eux à charge de la collectivité. C’est peu dire qu’il y a là une répartition des charges et des bénéfices inéquitable.

À côté des entreprises privées du secteur associées à cette campagne spectaculaire se retrouvent également des organismes tels que l’Institut national des Radioéléments (IRE) de Fleurus, le Centre d’Etude de l’Energie Nucléaire (CEN) de Mol et Belgoprocess, une filiale à 100 % de l’Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (ONDRAF). Il s’agit là d’institutions entièrement ou partiellement publiques, et en tout cas sous tutelle publique.

L’usage d’argent public pour financer cette campagne de propagande du secteur nucléaire est un scandale démocratique. Nos députés Muriel Gerkens et Philippe Henry interpellent cette semaine le ministre fédéral Paul Magnette à ce sujet.

Pour être complet, signalons encore que Synatom, une filiale d’Electrabel (GDF Suez), est également membre du « Forum nucléaire ». Il est tout aussi inacceptable que cette entreprise, qui gère les provisions constituées pour le démantèlement des centrales nucléaires belges ainsi que pour la gestion de leurs déchets radioactifs, participe à une campagne pour reporter la fermeture desdites centrales.

Pour Ecolo, cette opération apparaît d’abord comme un exercice illégitime de relations publiques d’une industrie en perte de vitesse qui se cherche envers et contre tout un avenir. Actuellement, seuls deux nouveaux réacteurs sont en construction en Europe (deux centrales de 1.600 MW en Finlande et en France). Le montage financier des ces nouveaux réacteurs est difficile et les opérateurs accumulent déjà des retards de construction de plusieurs années. A titre de comparaison, plus de 8.000 MW de nouvelles capacités éoliennes ont été installés en Europe l’an dernier.

Pour Ecolo, le nucléaire n’est et ne peut être la solution d’avenir. Non par obstination idéologique mais parce que de très nombreux critères objectifs démontrent que, nonobstant le rôle limité que cette énergie aura joué dans l’histoire récente, elle n’est pas en mesure de répondre aux mutations fondamentales auxquelles nos sociétés doivent faire face au cours de ce siècle.

Plus d'infos : ecolo.be

L'Eco-féminisme

- Introduction L’écologie féministe, éco-féminisme ou encore, « féminisme environnementaliste », est une approche féministe de l’éthique environnementale, apparue entre les années 1970 et 1980 et est considérée comme faisant partie de la « seconde vague » féministe. Né de l’union entre les pensées féministes radicales et écologiques, l’éco-féminisme doit son appellation à la féministe française Françoise d’Eaubonne. Notons qu’en Amérique du Nord, elle s’est principalement développée à partir des mouvements antinucléaire, anti-guerre, pro-environnementaux et pro-homosexuels (lesbiennes) et, bien sûr, féministes « généralistes » des années 1980. Depuis, maintes publications, conférences et actions basées sur la reconnaissance et l’analyse des connexions existant entre les femmes, la nature et le changement social constituent autant de jalons autorisant l’approche théorique que nous développons ci-après. L’éco-féminisme établit un étroit lien entre la domination de la nature par l’homme et l’exploitation des femmes. Il s’oppose de façon radicale à la mondialisation néo-libérale, considérée comme la cause majeure des problèmes de ce siècle : l’exclusion, les violences, la pauvreté, la pollution, les guerres ouvertes ou larvées. Il est à la fois un mouvement de l’esprit, une philosophie de la vie et une résistance politique. L’éco-féminisme n’est pas un mouvement homogène mais apparaît comme une « résultante » constituée de différentes approches contribuant chacune à alimenter la théorie. Cette hétérogénéité constatée aux sources et au sein-même de l’écologie féministe fait à la fois ses forces et ses faiblesses. (...) Accès à la recherche complète (20 pages) sur demande.