Ecolo Picardie présente ses vœux pour une année deux mille douce !

- Discours prononcé à l'occasion de la présentation des vœux le 25 janvier 2012 en l'Espace Wallonie Picarde à Tournai -

Bonjour à toutes et tous,

La régionale de Picardie est particulièrement heureuse de vous accueillir en l’Espace Wallonie picarde pour vous présenter ses vœux pour l’année 2012.

Si nous devions résumer en 3 mots les vœux qu’Ecolo Picardie adresse à la Wallonie picarde pour 2012, ils seraient solidarité, prospérité et respect !

Solidarité parce qu’aujourd’hui, l’austérité pratiquée en réponse aux supposées attentes des marchés et des agences de notation qui sont désormais plus souveraines que des Gouvernement élus, touche au 1er chef les personnes qui sont pourtant déjà les plus exposées : les bas revenus, les femmes, les isolés, les petits indépendants… Certains pratiquent ainsi la simplicité volontaire non par choix mais par nécessité. La solidarité a été sacrifiée sur l’autel de la règle d’or budgétaire. Comme vous le savez, des négociations sont actuellement en cours à l’échelle européenne qui devraient confirmer ces orientations et imposer aux Etats membres des mesures strictes de rigueur budgétaire dont les conséquences pour les gens seront directes.

Si les efforts sont nécessaires, que le retour à l’équilibre est un objectif que nous ne pouvons que soutenir, est-il normal que ceux qui doivent les supporter sont déjà ceux qui en supportent le plus, que l’on sacrifie les services aux personnes tandis les services aux banques sont préservés ?

De l’Europe à la Belgique les ambitions sont pourtant grandes. La lecture des plans d’actions européens, de l’accord de gouvernement fédéral parlent notamment d’objectifs ambitieux de réduction de la pauvreté, du chômage, des inégalités, de l’augmentation du taux d’emploi, d’une recherche et d’innovation de pointe, de système scolaire performant… il est évident que nous les partageons.

Mais nous ne partageons pas le chemin poursuivi par l’Europe et par le Gouvernement fédéral pour y répondre : durcissement des conditions d’accès à la pension ainsi qu’aux crédits-temps qui permettaient pourtant une meilleure conciliation vie privée-professionnelle et dont les femmes sont les 1res bénéficiaires, aux allocations, l’allongement du stage d’attente pour les jeunes sans perspectives d’emploi, la diminution des investissements dans les secteurs porteurs d’emploi et de déploiement économique et écologique…

Est-ce là la manière de dire aux citoyens qu’ils n’en font pas assez ? Qu’ils sont sanctionnés parce qu’ils n’ont pas fourni assez d’efforts ? Pas assez travaillé ? Ou pas assez longtemps ? De dire aux femmes ou aux hommes qui ont fait le choix de s’occuper d’un proche ou tout simplement de prendre du temps pour eux qu’ils n’en avaient pas le droit ?

Nous ne voulons pas d’un monde qui presse les gens comme des citrons jusqu’à ce qu’il n’en reste que les pépins.

Nous, écologistes, exigeons que l’équilibre ne soit pas seulement budgétaire, mais également social (objectifs de réduction de la pauvreté, emploi...) et environnemental (objectifs de réduction des émissions de CO2, préservation de la biodiversité...) ! L’Europe et la Belgique doivent être porteuses de cette triple règle d’or ! Si nous refusons de léguer une dette économique aux générations futures, nous ne voulons pas non plus leur léguer une dette environnementale ni une dette sociale !

Nous n’en attendons pas moins de la part du 1er Ministre et des Ministres-présidents des entités fédérées, dont l’un d’entre eux brigue le mayorat de cette Ville et qui, comme d’autres dans la région, aura validé les décisions fédérales et européennes et devra les assumer ! Nous exigeons que cette triple règle et le non à l’austérité soit le leitmotiv de la Belgique dans les négociations européennes.

Nous voulons que la solidarité ne soit pas juste un slogan et que les mesures économiques et budgétaires de rigueur laissent la place à l’humain, au développement d’initiatives. Tout d’abord en offrant des perspectives d’emploi dans les secteurs porteurs que sont :

* l’aide aux personnes : l’on sait en effet que la croissance démographique et le vieillissement de la population exigent des responsables politiques une anticipation accrue afin de permettre aux milliers d’habitants de plus que comptera la Wallonie picarde d’ici 2050 de vivre en harmonie, tant dans les villes que les milieux ruraux.

Nous apprenions récemment que notre région manquera de femmes et de jeunes d’ici 2060, avec des différences sensibles que nous nous trouvions à Tournai et Mouscron ou à Ath et Soignies. Il est grand temps de leur donner des perspectives et nous savons que notre région dispose de nombreux atouts et offre des opportunités pour ce faire !

* les énergies renouvelables, la transition écologique des entreprises, le recyclage autant de secteurs porteurs d’emploi, qui placeront notre territoire à la pointe de la transition écologique.

* Le Forem l’annonçait, d’autres secteurs constituent la fierté de la région : la logistique, l’industrie agro-alimentaire ou l’industrie chimique et pharmaceutique. Donnons-nous le défi de maintenir ces secteurs à la pointe en assurant leur transition vers des modes de production écologiques, notamment grâce au soutien du plan Marshall 2. vert qui porte ses fruits (Logistics in Wallonia, Bio Win…).

C’est ainsi que nous pourrons y amener la prospérité, notre 2e souhait pour la région. Celle-ci ne s’obtiendra pas par le toujours plus qui mène aux excès que l’on connait aujourd’hui, mais par le toujours mieux. Cette prospérité passera sans aucun doute par l’Eurométropole, un territoire de plus de 2 millions d’habitants, qui se construit au-delà des limites territoriales et linguistiques, vers la France et la Flandre, au sein d’une Europe qui n’a que trop besoin de ces nouveaux liens.

Mais ces liens à nouveau ne sont pas qu’économiques, ils sont aussi sociaux, culturels, éducatifs, secteurs qui ont tendance à être négligés en temps de crise alors qu’ils constituent la source des adultes de demain, de la réflexion, de la cohésion. Pour ne citer qu’un seul exemple : la suppression de la gratuité des musées le dimanche alors que la culture devrait être un bien commun accessible à chacun.

Ces liens passent bien entendu aussi par la mobilité. 2012 est l’année de la négociation du prochain plan d’investissement 2013-2025 de la SNCB. Pour la première fois de son histoire, sous la houlette de Philippe Henry, la Wallonie s’est préparée à cette négociation. Les travaux menés jusqu’ici et qui ont été soumis à la consultation des secteurs a déterminé six enjeux essentiels que la Wallonie doit prendre en compte pour reprendre son destin ferroviaire en main et faire du rail un outil au service des citoyens et des entreprises (sécurité, ponctualité et maintenance du réseau ; qualité du service, en partant des besoins ; amélioration de l’offre ; investissements dans les gares et points d’arrêt ; accès au réseau pour les chargeurs et inciter ainsi le transport de marchandises par rail ; la gouvernance).

Ces enjeux concernent bien évidemment aussi la Wallonie picarde, étant donné la croissance continue du nombre de voyageurs, l’augmentation de la mobilité professionnelle dans notre région et que les décisions de fermeture des guichets et petites gares pleuvent, alors que l’on sait à quel point ils revêtent une importance particulière pour le lien social dans les villages et les endroits reculés.

Des projets ont déjà été pointés pour notre région comme la diminution du temps de parcours entre Mouscron et Bruxelles ; des travaux d’infrastructure tout au long de la dorsale wallonne et j’en passe.

Nous, picards, devront défendre ces différents projets auprès de la SNCB.

Si nous savons que des priorités devront être dégagées, nous voulons que le rail s’inscrire résolument dans les objectifs de réduction des émissions de CO2 ainsi que des besoins des citoyens, des navetteurs, qui par souci écologique et économique sont de plus en plus nombreux à faire le choix du rail.

Ce qui me permet d’embrayer sur le 3e souhait pour 2012 : le respect.

Le respect du citoyen au travers des décisions politiques, la garantie d’accès à des services publics de qualité, à une alimentation saine, à une éducation, un emploi et un environnement de qualité…

Le respect passe aussi par celui des jeunes qui, trop souvent stigmatisés comme responsables de désordre social, sont les laissés pour compte des décisions actuelles. Même si certains faits isolés auront toujours lieu, nous refusons de répondre à la violence par la violence, par les caméras de surveillance, par la peur et la haine qu’elle suscite. L’insécurité, le sentiment de malaise qu’elle génère au sein de certains quartiers ne peut contribuer à rétablir le lien social distendu : nous voulons redéployer la solidarité chaude, de quartier, par la présence de la police de proximité mais aussi le développement des comités de quartier, l’association et la fédération des jeunes et de moins jeunes autour de projets qui leurs donnent des perspectives, l’accompagnement et la formation des jeunes, le dialogue.

Et les élections communales et provinciales de 2012 offrent cette perspective, elles sont une échéance clé pour insuffler ce souffle nouveau en Belgique, dans le Hainaut, en Picardie.

Elles portent en elles espoirs et défis. Le niveau communal est le plus proche du citoyen, des réponses concrètes et dans un même temps nous savons à quel point les mesures citées plus haut auront un impact direct sur les politiques et les finances communales : les conséquences de la faillite de Dexia tout d’abord, les politiques fédérales ensuite qui touchent les allocataires sociaux et entraineront un report de charge inévitable sur les CPAS, avec une précarisation des personnes en difficulté et partant, des quartiers défavorisés ou encore le rapatriement des réserves de trésorerie des agences locales pour l’emploi vers le fédéral, qui fait aujourd’hui planer la menace pour certaines de devoir mettre la clé sous le paillasson, alors qu’elles sont parfois les seuls outils de développement d’une politique locale de l’emploi. Par ailleurs, 2012 sera-t-elle enfin synonyme de mise en œuvre de la réforme des services incendie tant attendue depuis le vote de la loi de 2007 suscitée par la catastrophe de Ghislenghien, laquelle doit donner un statut aux pompiers volontaires et soulager les finances communales ?

Si les contraintes budgétaires sont importantes, Ecolo travaille d’arrache-pied depuis l’opposition au fédéral pour dénoncer ces dérives et au sein des majorités régionales pour faire de Bruxelles et de la Wallonie des leviers et exemples de développement durable. Mais le niveau communal reste néanmoins le premier levier d’action qui doit animer le monde politique dans l’intérêt des citoyens et le souci de l’intérêt collectif.

C’est pourquoi dans ce cadre, le défi est double pour les écologistes :

1° Renforcer notre ancrage local en Picardie et démultiplier nos participations afin de peser sur les choix communaux. Les mandataires actuels, que nous tenons à remercier au passage, ont démontré la force propositionnelle d’Ecolo, et ce même depuis les bancs de l’opposition. Là où nous poursuivrons notre travail dans l’opposition, et là où nous ferons notre entrée dans les conseils communaux, notre opposition se voudra critique mais toujours constructive afin d’amener des propositions pour la commune.

2° Faire de l’écologie le levier de la transition de nos communes et de la Province afin d’y insuffler des politiques novatrices en matière sociale, économique et environnementale. Cela se fera avec les citoyens, avec la société civile et les autres acteurs porteurs de développement et de transition au sein des communes. C’est notamment pour ça, qu’Ecolo a lancé les Rencontres de l’Ecologie politique, un large processus participatif de consultations, d’échanges, d’actions et de débats afin de construire les réponses aux enjeux politiques de demain tout en réconciliant les citoyens et le politique. Ecolo Picardie s’inscrit dans ce processus parce que cette dernière dimension, de la confiance du citoyen, est pour nous essentielle, parce que nous ne voulons plus que les citoyens se sentent redevables, des clients, mais parce que nous voulons que les citoyens picards soient libres de leurs choix !

Avec nos candidats, nous continuerons à aller à la rencontre des citoyens, des entreprises, des associations, qui forgent l’avenir de la Wallonie picarde !

Merci de votre attention !


Retrouvez tous nos candidats et nos actions sur http://picardie.ecolo.be et facebook « Ecolo Picardie »

L'Eco-féminisme

- Introduction L’écologie féministe, éco-féminisme ou encore, « féminisme environnementaliste », est une approche féministe de l’éthique environnementale, apparue entre les années 1970 et 1980 et est considérée comme faisant partie de la « seconde vague » féministe. Né de l’union entre les pensées féministes radicales et écologiques, l’éco-féminisme doit son appellation à la féministe française Françoise d’Eaubonne. Notons qu’en Amérique du Nord, elle s’est principalement développée à partir des mouvements antinucléaire, anti-guerre, pro-environnementaux et pro-homosexuels (lesbiennes) et, bien sûr, féministes « généralistes » des années 1980. Depuis, maintes publications, conférences et actions basées sur la reconnaissance et l’analyse des connexions existant entre les femmes, la nature et le changement social constituent autant de jalons autorisant l’approche théorique que nous développons ci-après. L’éco-féminisme établit un étroit lien entre la domination de la nature par l’homme et l’exploitation des femmes. Il s’oppose de façon radicale à la mondialisation néo-libérale, considérée comme la cause majeure des problèmes de ce siècle : l’exclusion, les violences, la pauvreté, la pollution, les guerres ouvertes ou larvées. Il est à la fois un mouvement de l’esprit, une philosophie de la vie et une résistance politique. L’éco-féminisme n’est pas un mouvement homogène mais apparaît comme une « résultante » constituée de différentes approches contribuant chacune à alimenter la théorie. Cette hétérogénéité constatée aux sources et au sein-même de l’écologie féministe fait à la fois ses forces et ses faiblesses. (...) Accès à la recherche complète (20 pages) sur demande.