Ecoles et maisons d'accueil communales. Compte rendu du conseil communal d'octobre 2014.


En bref : "Soit la majorité n’a aucun projet, aucune vision en matière d’enseignement communal et d’accueil de la petite enfance et elle en fait une variable d’ajustement budgétaire, ce qui est pour le moins regrettable vu que derrière se sont les parents, les enfants et le personnel qui sont touchés.
Soit, elle a une vision très claire de ce qu’elle veut faire,mais elle avance masquée, au coup par coup, pour éviter les vagues, quitte à laisser quelques travailleurs et parents mécontents sur le carreau. Et dans ce cas, elle trompe le citoyen athois dont les choix de vie sont mis en cause.

Le minimum serait donc que la majorité informe sur ses intentions pour les 4 années à venir afin que chacun sache à quoi s’en tenir."


Une précision préalable. J’ai décidé de vous livrer une version longue du dossier. Parce que la manière dont il est traité me semble mériter une attention particulière. Parce que l’attitude de l’autorité communale est de brider toute contestation, qu’elle émane de l’opposition (ça, c’est de bonne guerre) mais aussi du personnel,voire de la population. Les principes de gouvernance démocratique ne sont pas respectés, la transparence n’est pas de mise, la concertation n’existe pas.
 
Chacun ira de sa propre opinion quant à l’opportunité de défendre des services publics. Je demande qu’au minimum, les intentions et projets politiques de la majorité athoise soient clairement annoncés aux citoyens.
 
Les « Maisons des Petits », accueil de 18 mois à 2ans et demi
 
Au 1er septembre 2013, la fermeture de 6 maisons de petits - et le maintien des 9 autres - était annoncée, de même qu’une augmentation des tarifs pour pouvoir faire face aux charges salariales. Nous avions vivement contesté cette augmentation des prix qui rendait la fréquentation inabordable pour beaucoup de parents, particulièrement pour les familles monoparentales. Les tarifs ont ensuite été rétablis à leur niveau initial, plus abordable pour les parents.

A la rentrée 2014, j’apprends un peu par hasard que la Maison des petits d’Houtaing a fermé et, plus tard, que celle de Villers devrait suivre (ainsi que l’école). Certaines personnes désireuses d’y inscrire leur enfant se seraient vues remballées par l’autorité communale et dirigées vers d’autres implantations. Mi-septembre, d’autres n’étaient apparemment pas encore au courant qu’il ne serait pas possible d’y inscrire leur enfant… Comment auraient-ils pu l’être ? En effet, l’information quant à la fermeture de la maison des petits d’Houtaing et sa reprise par une asbl a été démentie par l’Echevin en charge de la petite enfance « je ne suis pas au courant d’une telle décision » déclarait-il dans l’Avenir du lundi 15septembre. Cette décision n’avait en tout cas pas fait l’objet d’une approbation par le Conseil communal (il n’y en a pas eu en septembre). Pourtant, force fut de constater, sur le terrain, que l’accueillante concernée avait déjà été transférée dans une autre structure et que les parents, avant même la rentrée,n’ont plus pu y inscrire d’enfant. Il apparait donc clairement que la décision de fermer la maison des petits avait déjà été prise, bien avant la rentrée. Mais par qui – Mr le Bourgmestre – et avec quelle information –aucune, pas même celle de l’Echevin.

En un an de temps, ce sont 50% de maisons des petits communales qui ont été purement et simplement supprimées.

Quant à la situation des écoles communales
 
L’école de Villers était déjà en sursis à la rentrée 2013, mais une levée de boucliers, la mobilisation des parents et du personnel avait permis de reculer l’échéance jusqu’à la rentrée2014. Entre-temps, le personnel n’a pas chômé pour faire vivre la structure.Mi-septembre, les chiffres n’étant pas atteints, les parents ont été prévenus qu’ils devaient dar dar choisir une autre implantation pour leur bambin. C’est la règle, si un certain chiffre de population n’est pas atteint au sein d’une école, elle doit fermer. Et cela ferait partie de la norme si nous n’avions pas la conviction profonde qu’ici aussi, la volonté de fermer existe depuis longtemps dans le chef de Mr le Bourgmestre. Au moins depuis la rentrée 2013.
Je voudrais donc savoir si d’autres petites implantations font partie du plan de ce dernier. Une politique transparente en la matière serait en effet saine pour tout le monde : les parents qui pourraient ainsi anticiper et poser leurs choix de vie en connaissance de cause, le personnel qui serait également en mesure d’anticiper davantage et pas continuellement « mis en concurrence » avec celui d’autres structures.

Il y a un an, nous demandions une proactivité pour redorer notre enseignement communal. Un peu de publicité, une politique proactive de la part du PO, une collaboration entre les implantations« qui ont leur chiffre » et les autres, tout ça combiné aurait sans doute permis de trouver les deux élèves manquant pour faire vivre l’école de Villers.
Mais malgré des équipes dynamiques qui ont fait tout leur possible, l’absence de publicité pour la structure, les jeux de chaises musicales au sein des membres du personnel, l’absence d’information vers les parents (voir ci-dessous), un PO qui dirige les nouveaux inscrits vers d’autres implantations (témoignage de parents notamment), sont autant d’éléments qui montrent que l’objectif politique derrière tout ça est clair. Et la fermeture de la maison des petits, même si elle n’est pas le gage automatique de futurs élèves pour l’école maternelle, n’y contribuera certainement pas non plus.

Un impact sur la vie de nos cœurs de villages

Depuis quelques années, chacun s’accorde pour pointer la nécessité de faire revivre les cœurs de villages, d’y(ré-)implanter de l’activité comme une épicerie, une boulangerie, un bistro ou une librairie, du mobilier urbain comme des bancs, etc. La présence de petites classes et d’une structure d’accueil des petits influence aussi la dynamique des villages.
Ce sont des choix de vie qui sont bousculés quand des décisions comme celles-ci sont prises.

Pourquoi penser qu’il s’agit d’un objectif délibéré de la majorité ?

Je reprendrai quelques arguments avancés par Mr le Bourgmestre pour justifier des fermetures:

 - Pas de places en moins. La maison des petits d’Houtaing sera désormais occupée par une accueillante conventionnée. Ne nous méprenons pas, mon propos ne vise pas les accueillantes qui travaillent avec l’asbl concernée, dont on ne connait que trop bien les difficultés et contraintes auxquelles elles sont soumises et qui demandent des réponses par ailleurs. En tant que membre d’un conseil communal, mon inquiétude concerne la réduction progressive mais certaine des services publics. Les bâtiments communaux, aménagés, peints,fournis pour le plus grand bonheur des tous petits sont mis à disposition à titre gratuit alors que ce sont pour l’essentiel des raisons budgétaires qui poussent à ces décisions de fermer les services communaux.
Donc si dans l’absolu la structure ne ferme pas, ce sont bel et bien des places communales en moins et au total, aucune place nouvelle ne voit le jour. Par ailleurs, cette décision ne date donc pas de la rentrée, moment où l’on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas assez d’inscrits. En effet, le dossier de reprise de la structure avait déjà été réglé par Mr le Bourgmestre avant la rentrée.

 - Pas assez d’inscrits, libre choix des parents. Les listes d’attente au sein des crèches ne désemplissent pas, certaines structures sont débordantes. Le libre choix des parents est indiscutable, mais certains parents désireux d’inscrire leur enfant dans lesdites structures se seraient faits orienter vers d’autres implantations au moment de l’inscription.Ce qui est donc certain, c’est que si on n’assure pas la promotion d’une structure et que l’objectif – caché – est de la fermer, cela ne contribue pas à attirer de nouveaux parents. Plus que l’absence d’enfants sur Houtaing, c’est l’absence de volontarisme de l’autorité communale qui a décidé du sort des maisons d’enfants.

 - La dénatalité : les chiffres sont en berne, il faut faire des bébés ([rires gras dans l'assemblée]... et oui). Trêve de plaisanterie. En chiffres absolus, s’il y a un tassement… il n’empêche pas les listes d’attente,notamment au niveau des crèches! Combien de parents n’attendent-ils pas,inquiets, le coup de fil qui leur annoncera qu’ils ont une place ?!

 - Ça coûte trop cher. Certes, ce secteur coûte cher, l’accueil de la petite enfance et l’enseignement ne sont pas des secteurs rentables, on le sait. Ath, à une certaine époque, a fait le choix de développer ces services,les supprimer aujourd’hui relève également d’un choix et de priorités politiques. C’est un choix que je ne partage pas et qui aurait, à tout le moins,du être annoncé de manière transparente aux athois. Les parents, le personnel sont mis devant le fait accompli de nouvelles fermetures à chaque rentrée, alors même que vraisemblablement, les projets sont clairement établis depuis un moment.

- Pas de pub ou une mauvaise pub

Je reçois dans ma boîte au centre ville une brochure « Les écoles communales d’Ath ville : 5 implantations où il fait bon grandir ! ». Enfin de la publicité pour notre enseignement communal, je l’accueille avec un sentiment positif. Mais quel dommage pourtant de ne pas y retrouver les implantations communales des villages.Plus d’un athois du centre ville y envoie en effet ses enfants !



Quant à la brochure de l’enseignement communal pour l’année scolaire2014-2015 : publicité pour les écoles et les maisons des petits. Et là,d’une part le projet de certaines écoles est bien développé tandis que pour d’autres, une ligne est censée résumer la spécificité du lieu. D’autre part,c’est l’ancien tarif à la journée qui est indiqué pour l’accueil au sein de nos maisons des petits, celui qui, après quelques mois de fronde, a été supprimé pour en revenir au tarif précédent ! 20€par jour pour son petit :totalement dissuasif comme prix pour la plupart des ménages ! C’est pourtant ce qui est renseigné dans la nouvelle brochure : plus cher que les tarifs pratiqués par le privé sur Ath. Vous me direz encore que l’on ne cherche pas délibérément à détourner les parents des maisons des petits ?


C’est bien le rôle de l’autorité communale, en tant que PO, de valoriser l’accueil et l’enseignement communal.

- Démotivation du personnel
 
Le personnel semble en attente d’une réelle concertation avec le pouvoir organisateur qu’est la commune. Il reçoit des directives par courrier,où les consignes sont formulées par écrit,sous forme d’injonctions, inscrites en gras et en souligné.
Jusqu’ici, la publicité des structures dépendait davantage de démarches effectuées par le personnel que dela commune, s’il y a une dynamique au sein de l’équipe, la pub se fait (via des flyers maison, des blogs…), si pas,il n’y en a pas.
Par ailleurs, les restructurations des écoles communales en juin ont mis la lumière sur une pratique apparemment courante : des changements d’affectation de membres du personnel sans concertation ni même information préalable, sans que les raisons ne soient toujours très claires. Un personnel qui devrait toujours s’estimer heureux d’avoir du travail, et c’est ce bien qui contient la contestation  éventuelle. La peur de perdre son emploi, la crainte suscitée par une politique très interventionniste.

- L’absence d’information vers les parents au sein des écoles

La concertation n’est décidément pas le fort de la majorité (informer après avoir décidé, ce n’est pas se concerter). Que ce soit avec les parents,le personnel, le conseil communal. Je m’en réfère par exemple à la lettre adressée par Mr le Bourgmestre aux houtaignois en date du 24 septembre les informant des décisions prises… Ou encore des réunions de commissions purement informatives quelques jours avant le conseil communal, qui sont censées être des lieux de débat mais qui servent surtout à l’étouffer.

Et pourtant, les inscriptions au sein de nos écoles dépendent avant tout des parents qui voudront bien y inscrire leurs enfants, de la dynamique au sein d’une école, des liens créés avec les équipes pédagogiques,d’autant plus au sein de petites structures rurales.

Une collaboration entre services communaux toujours en attente : crèches du CPAS, maisons des petits, enseignement communal

Est-il bien normal de laisser mourir un accueil communal de la petite enfance « faute de candidats » alors que les listes d’attente au sein des crèches du CPAS (et des autres), sont longues, voire très longues ?
Je m’adressai plus particulièrement à Messieurs l’échevin et Président du CPAS,lesquels n’ont absolument rien dit, en dehors d’un ricanement, à l’occasion de ce Conseil communal : à quand une collaboration entre crèches du CPAS,maisons des petits puis enseignement communal pour proposer un « parcours »aux parents qui souhaitent une place d’accueil pour leurs petits dès le plus jeune âge ? De nombreux parents athois ne connaissent même pas les maisons des petits et les alternatives à la crèche qui sont proposées sur le territoire communal. Or, nombreux sont également les parents qui désespèrent de recevoir LE coup de fil leur annonçant qu’ils ont une place en crèche à l’issue du congé de maternité ou parental. La demande existe sur Ath, il est faux d’affirmer le contraire comme le fait la majorité pour justifier ses décisions.
N’est-il dès lors pas aberrant de refuser des bébés au sein de nos crèches communales, alors que ces dernières pourraient par exemple se spécialiser dans l’accueil des 3-18 mois et ensuite« passer le relais » aux maisons des petits qui accueillent dès 18mois ? Nos écoles communales bénéficieraient dans la majorité des cas de cette logique car un enfant et des parents habitués à un cadre n’ont la plupart du temps pas de raison d’en changer entre les tranches de vie.

C’est sûr, une telle organisation demanderait de la concertation,du volontarisme du PO, l’association du personnel des différentes structures.Mais surtout et avant tout une réelle volonté politique.

Pour développer de nouveaux services, il faut attendre le« Masterplan ». Pas pour les fermer ?

Construction de nouveaux logements, arrivée de nouveaux habitants, la Ville d’Ath grandit. Depuis de nombreuses années, il nous apparait indispensable qu’une réflexion globale ait lieu afin d’anticiper un maximum l’arrivée de ces nouveaux habitants, d’assurer une politique immobilière cohérente, de réfléchir la mobilité en conséquence et les alternatives qui doivent être proposées à la voiture car la ville est déjà saturée aujourd’hui aux heures de pointe, de réfléchir les services qui devront être prévus pour répondre aux besoins des nouveaux habitants sans les contraindre à utiliser leur voiture ou trouver réponse à leurs besoins en dehors de Ath.

Le Master plan ! Une étude vient d’être lancée, laquelle est menée par Ideta, pour répondre à ces questions. A bon entendeur ! Il était temps et nous l’attendons impatiemment,nous avons proposé notre collaboration et insisté sur celle de l’ensemble des acteurs associatifs et autres pour réfléchir ensemble. On nous la promise... Bref, le Master plan on l’attend. En attendant l’autorité communale décide de fermer des services publics aux athois dans l’accueil de la petite enfance,voir l’enseignement. Je m’étonne donc une fois de plus que des décisions soient prises, lesquelles sont irrévocables, car je doute que des structures publiques soient réouvertes : on laissera le soin au privé de s’en charger. C’est d’ailleurs ma crainte dans le cadre du nouveau projet de crèche, également à l’OJ du conseil communal d’octobre et sur lequel j’aurai l’occasion de revenir dans une prochaine note.

Etions-nous prévenus ? Est-ce que l’opposition ecolo crie au loup ? Que dit l’accord de majorité ?

Aujourd’hui la question est donc : quel est l’objectif réel de la majorité athoise violette? La privatisation de l’accueil de la petite enfance et la réduction du nombre d’implantations scolaires pour se concentrer sur les« plus grosses implantations » ? Si oui,quelles implantations sont encore visées ? En tout cas, l’accord de majorité ne répond à aucune de ces questions.

De deux choses l’une :
Soit la majorité n’a aucun projet, aucune vision en matière d’enseignement communal et d’accueil de la petite enfance et elle en fait une variable d’ajustement budgétaire, ce qui est pour le moins regrettable vu que derrière se sont les parents, les enfants et le personnel qui sont touchés.
Soit, elle a une vision très claire de ce qu’elle veut faire,mais elle avance masquée, au coup par coup, pour éviter les vagues, quitte à laisser quelques travailleurs et parents mécontents sur le carreau. Et dans ce cas,elle trompe le citoyen athois dont les choix de vie sont mis en cause.

Le minimum serait donc que la majorité informe sur ses intentions pour les 4 années à venir afin que chacun sache à quoi s’en tenir.

L’accueil de la petite enfance et notre enseignement communal, leur personnel,méritent un avenir sûr et des garanties quant au soutien de leur PO. La rentrée2015 ne peut être celle de nouvelles fermetures, ni de nouveaux jeux de chaises musicales au sein du personnel, ni de nouvelles incertitudes pour les parents et les enfants. Ce serait la meilleure manière de détruire ce service public que les athois attendent de qualité.


Et pour finir, quelques anecdotes (marrantes si elles n’étaient pas pathétiques) du Conseil communal :

1/ La question : Je reconnais que mon interpellation était longue, mais une fois n’est pas coutume et le sujet me semble assez important pour lui consacrer un débat et du temps.Interrompue par le Président de séance à 2/3 de mon exposé, j’ai droit à du« photovoltaïque », « c’est moi le Bourgmestre »,« vous vous êtes déjà exprimée dans la presse »,« vous n’aviez qu’à poser vos questions en commission » (ben voyons,vous savez ces commissions qui servent à étouffer le débat en conseil communal),« si vous aviez déposé une question dans les temps, nous vous aurions répondu »(oui oui, surtout ne pas critiquer en public), …avant de clôturer le débat. Bref aucun argument qui réponde aux éléments que j’ai mis en avant.

2/ La réplique : Moi « en vertu du ROI Mr le Président j’ai droit à une réplique… » Lui :« en vertu du ROI, je préside cette séance et le Président décide de la tenue des travaux. Je vous répète que le débat est clos ».

Ah mais zut, il n’y a pas eu de débat.

3/ Et puis il y a eu la petite voix que l’on entend jamais mais qui s’incruste : l’Echevine de la culture a en fait réellement clôturé le point en volant au secours d’un Président de séance hors de lui. Arguant que de toute façon ma question n’était pas une question d’actualité (note de lecture :le règlement d’ordre intérieur du conseil communal ne prévoit que la possibilité de poser des questions d’actualité). Alors, la rentrée scolaire n’est déjà plus un sujet d’actualité au 3 octobre, date du 1erconseil communal qui suit la rentrée, sachant qu’il n’y a pas eu de CC en septembre ? Je laisse, à nouveau, à chacun le soin de juger.

#vivelademocratie

Petit compte-rendu du Conseil communal – ou de la restructuration de l’enseignement communal un 6 juin 2014


L’enseignement communal a été au cœur de l’actualité de ces derniers jours.
Restructurations, changements de directions, inquiétudes des parents de certaines écoles concernées, projet d’immersion sur Ath, nous (athois et conseillers communaux de l’opposition) ont été révélé une semaine avant le Conseil communal de ce 6 juin 2014.
Pour ma part, n’étant pas plongée au quotidien dans nos écoles, ma première réaction a été l’étonnement. En effet, lors de la dernière commission de l’enfance qui s’est réunie le 3 mars 2014 dernier et s’était essentiellement penchée sur la question des maisons des petits, Mr l’échevin Faignart nous confirmait que tout allait bien au niveau de l’enseignement communal. Il n’était par ailleurs alors nullement question de projet d’immersion sur Ath. D’aucun trouvant même cette idée tout à fait douteuse voire saugrenue.
Méthode Coué ?
A l’approche du conseil, un article de presse, une pétition de parents d’une école au sujet du transfert de direction et une lettre de comité de parents inquiets pour la continuité du pédagogique d’une autre école plus tard, nous recevons une convocation pour participer à une Commission communale « enseignement – petite enfance » le 5 juin, veille du dit Conseil communal.
Je m’y rends, en attente d’informations – ok, après ce coup-ci, je promets de ne plus avoir la naïveté de croire que les commissions servent à recevoir des informations – mais bourgmestre et échevin, lorsque ce dernier, avec tout le respect que je lui dois, obtient la parole – se bornent à nous assurer que « tout va bien ». Les restructurations visent essentiellement des transferts d’écoles vers d’autres entités afin d’assurer le maintien des chiffres.
J’interroge alors sur les démarches des parents, sur les inquiétudes liées aux transferts de directions qui interviennent en même temps que ces restructurations, sur le point de vue syndical qui n’y est pas du tout favorable, sur l’absence totale d’informations sur une quelconque perspective de restructuration aux membres du conseil communal avant cette date alors que les chiffres utilisés pour décider de ces restructurations sont ceux de janvier 2014 (et que nous avons eu une commission le 3 mars).
Pour seules répliques, on nous assure que concertation il y a eu, que réflexion de longue date il y a eu, que les garanties sur la continuité du projet pédagogique sont absolues et ont été communiquées aux parents, que parents sont dès lors rassurés, que tout le monde est tout à fait d’accord voir demandeur des changements proposés.
A ma critique du rôle des commissions, en l’occurrence notamment celle à laquelle je suis occupée de participer, étant donné qu’elle ne sert pas à préparer sereinement ce genre de dossier important et à anticiper les problèmes dénoncés, Mr le Bourgmestre me rétorque que « je fais de la politique » […] « et que notre enseignement communal mérite mieux que d’être instrumentalisé par des gens qui font de la politique » (sic !). Et une conseillère de la majorité d’asséner à plusieurs reprises qu' "à cette allure là on ne change jamais rien".
J’entends aussi que les parents réclament le statu quo parce qu’ils tiennent à leurs privilèges au sein d’une école élitiste (sic !).
J’en tombe presque de ma chaise. Cette manière de faire de la politique est-elle réellement en faveur de l’enseignement et surtout de l’ensemble des enseignants et des élèves de l’enseignement communal ?! Car renseignements pris, concertation il n’y a pas eu et adhésion généralisée de l’ensemble des acteurs aux réformes il n’y a pas non plus. La décision est prise par le P.O. (il faut entendre, par le bourgmestre) et elle s’applique, un point c’est tout.
C’est évident, ce genre de réforme ne fait pas que des heureux, il est impossible de satisfaire tout le monde. Mais comment expliquer à cette majorité que mettre les acteurs autour de la table, travailler à ce genre de décision de concert, en associant équipes pédagogiques, directions, parents, expliquer les choses et les accompagner est le béaba de la politique et de tout changement qu'il convient d'accompagner et non d'imposer en pensant que tout le monde va adhérer ?


Des interrogations subsistent aujourd’hui que le point a été voté, certes sans le MR mais ce dernier savait pertinemment que même sans ses voix le point passerait le PS disposant de 16 voix sur 29. C'est donc en amont, au niveau du Collège, que le MR doit bloquer les dossiers et convoquer des commissions s'il souhaite réellement avoir un impact. Ces interrogations sont les suivantes :
-         certaines écoles ont été transférées vers d’autres entités, le projet pédagogique de ces écoles va donc certainement changer à l’avenir étant donné qu’elles auront une nouvelle direction et intègrent des entités qui mènent un autre projet pédagogique. Cela restera à évaluer ;
-         pourquoi avoir voulu mener cette réforme à la sauvette alors que les chiffres ne réclamaient pas de mesures d’urgence (pour la rentrée scolaire 2014 en tout cas) ?;
-         pourquoi avoir voulu changer des directions en même temps, plutôt que de d’abord assurer la réussite des restructurations ? A nouveau, cette décision ne revêtait aucun caractère urgent ;
-         l’objectif des restructurations étant le maintien des chiffres, les transferts de directions et l’inquiétude légitime des parents qui en découlent, ne risquent-ils pas d’entrainer le retrait de certains enfants… et donc de compromettre l’objectif même de la réforme ? Seul l’avenir nous le dira ;
-         pourquoi continuer à convoquer des commissions communales si elles ne servent pas soit à apporter un éclairage nouveau aux dossiers, ou mieux, à travailler sur des dossiers futurs et des projets (ça ne m’est encore jamais arrivé dans les commissions que je suis…), à part pour occuper les mandataires locaux et à les rémunérer, certes faiblement, mais à les rémunérer… à ne rien faire ?

A Ath, comme ailleurs, il reste du boulot pour faire triompher la démocratie.
Allez, tout va bien, nos chères petites têtes blondes ont deux mois pour tout oublier d’ici à la rentrée.




#TTIP ou quand la démocratie va très mal

Je ne peux pas m'empêcher de revenir sur les événements de cette journée du 15 mai.

Partie tôt de la maison pour rejoindre l'appel de la coalition D19-20, visant une mobilisation contre les négociations opaques du Traité transatlantique, ou traité de libre échange entre l'Union européenne et les États-Unis visant un grand marché américano-européen, je m'attendais à poursuivre ma journée normalement et à la clôturer par un débat. Bref, une journée classique de campagne.

Remontant de la gare centrale, je me rends vite compte qu'un important dispositif de sécurité bloque toute la rue de la Régence vers la place Poelaert... et qu'il n'est pas question de rejoindre mes amis ecolos au lieu de rendez-vous fixé devant le Palais d'Egmont, où se tient l'European Business Summit. Le périmètre est bouclé.

Je poursuis donc mon chemin direction Place Poelaert. Pour y arriver je dois franchir une 1ère rangée de policiers casqués. L'un d'entre eux m'interpelle et me recommande de "faire le tour" car "il pourrait y avoir du grabuge".

Je déclare que j'en doute car la manifestation est pacifiste et que mon objectif est de m'y rendre. Ma réponse ne donne lieu à aucune réplique de la part de mon interlocuteur.


Je rejoins donc syndicalistes, agriculteurs, militants associatifs et politiques (ecolo et PTB), jeunesse politique (ecoloj) qui discutent dans une ambiance musicale, drapeaux levés, distribuant des tracts pour d'autres rendez-vous importants à venir. Bref, rien de plus banal pour un rassemblement de ce type.

Un citoyen engagé a apporté un "petit-déjeuner sans OGM" à partager, son initiative fait fureur!
Un agriculteur a amené quelques mignons poussins... blurp, désinfectés à l'eau de javel indique une petite pancarte!

Depuis la place Poelaert, où rien ne se passe, une partie des manifestants décide de se mettre en mouvement, direction Blvrd de Waterloo. A ce moment là, il faut reconnaitre que la direction de la manifestation est peu claire. Mais in fine, tout ce beau monde se rejoint devant les vitrines chics du Boulevard. Ayant du m'absenter pour une courte interview télé - fixée sur place parce que c'était le seul moment qui arrangeait vraiment le journaliste et moi, et parce que c'était l'occasion de mentionner le ttip, enjeu important que la prochaine législature - je rejoins mes amis et découvre qu'ils ont été aspergés par l'auto-pompe qui les attendait au coin de la rue. Des cars sont stationnés un peu plus loin, mais à ce moment là je ne me rends pas encore compte qu'ils sont pleins! Une certaine agitation règne, mais rien d'agressif et l'heure n'est pas à la confrontation. Pourtant, quelques minutes plus tard, les choses s'emballent.

En deux temps trois mouvements, une partie des personnes qui me précède est rapidement encerclée par une armada de policiers remontés. Et se passe alors ce que je ne peux que qualifier de rafle, les manifestants sont repoussés les uns contre les autres et encerclés jusqu'à se retrouver coincés entre la rangée de policiers et les façades. Un syndicaliste prit à moitié dans le mouvement tente d'en sortir sans heurt mais se fait violemment attraper par deux policiers qui l'envoient dans le groupe des encerclés. S'ensuivent alors des sommations de quitter les lieux, adressées aux quelques personnes atterrées qui, comme moi, ont vu la scène mais ne se sont tout juste pas fait embarquer... quitter les lieux, sans quoi "il vous arrivera la même chose". Certains ont eu le réflexe de photographier ou de filmer la scène, moi je n'avais plus de batterie (c'est toujours comme ça dans ces cas là...). Je mets quelques secondes à réaliser ce qu'il se passe. La police disperse les manifestants en arrêtant une bonne partie d'entre eux, sans que ces derniers n'aient fait quoi que ce soit d'autre... que d'être là.

Verdict, des militants, des candidats et des députés écolo sont dans "le groupe des encerclés"... ils seront arrêtés, ligotés, et recevront une amende administrative. Le tout dans une ambiance assez calme de la part des manifestants par rapport à l'ampleur de la mobilisation et de la méthode policière. Mes amis sont mis part terre, en chenille et n'ont plus qu'à attendre qu'on vienne les cueillir et les emmener au poste. Là dedans, des femmes, des hommes, des jeunes, des moins jeunes. Je suis paf. Je regarde l'heure et étais censée retourner bosser. Mais impossible de quitter les lieux sans savoir ce qui arriverait à ces manifestants arrêtés, pas question de quitter les lieux sans affirmer ma solidarité avec eux, surtout face à une telle méthode.

Je vous avoue que je n'ai pas compris. Je ne sais pas si je comprendrai un jour d'ailleurs, ce qui a pris aux forces de l'ordre, sous les ordres du chef de police, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles. Une agressivité inutile. Un sentiment d'impuissance qui donne la chair de poule et fait trembler les plus durs d'entre nous.
Quelques coups de fils, appels, tweets, post facebook plus tard, nous sommes rejoins par Emily Hoyos qui, alertée par plusieurs d'entre nous, arrive atterrée et exige la libération immédiate des députés arrêtés, ils bénéficient en effet de l’immunité parlementaire. Mais aussi des autres manifestants venus manifester pacifiquement. Nos députés Alain Maron et Ahmed Mouhssin finissent par être libérés. Anne Herscovici qui avait déjà été emmenée aux casernes d'Etterbeek le sera quelques minutes plus tard. Mais les autres manifestants, eux, sont toujours assis sur le sol glacé. Mes pieds sont gelés, ils doivent l'être jusqu'aux os.

Les événements sont parvenus aux oreilles des journalistes... Finalement, les médias parleront quand même du TTIP.
Au-delà de ces arrestations et des justifications données par Yvan Mayeur, retiendra-t-on de l'événement que ce Traité signifie que l'Union européenne n'aura plus le choix de ses normes sociales et environnementales, des services publics qu'elle entend soutenir, de la culture qu'elle entend promouvoir?

Si c'est le message qui est passé, c'est déjà ça. Malheureusement, je ne le pense pas.

Je voudrais en plus que d'autres messages passent.

1/ Sur le droit de manifester, notre Etat de droit, la démocratie
- Le dispositif de sécurité mit en place pour ce rassemblement était d'ampleur à attiser l'excitation des plus pacifistes d'entre nous. La présence d'autant de policiers m'a mis mal à l'aise dès le départ alors que je ne suis pas particulièrement attentive à cela en général.
- Les violences policières sont une réalité, mais le politique en est largement responsable. En indiquant aux policiers déployés sur place qu'ils allaient encadrer une manif d'anarchistes, n'était-ce déjà pas là les mettre sur la défensive par rapport à la mission qu'ils auraient à assumer ce 15 mai en matinée? N'aurait-il pas fallu les informer des raisons de notre mobilisation, raisons qui les concernent tout autant que nous, eux et leurs familles? Il n'en demeure pas moins qu'ils auraient du faire leur travail si les choses avaient réellement dégénéré, mais le droit de manifester son opinion ne peut être bafoué de la sorte. Où est la voix des citoyens et où peut-elle encore être exprimée si ce n'est dans la rue - et au moment du vote?

2/ Sur le TTIP et les négociations
- N'est-il pas totalement absurde que les citoyens qui sont venus s'exprimer dans la rue pour réclamer le maintien de leurs normes sociales et environnementales, des services publics, des prérogatives des États face aux multinationales, de la démocratie, se soient fait violemment disperser et arrêter?
D'autant plus absurde (le mot n'est pas assez fort pour exprimer ce que je ressens) que dans un même temps, les décideurs européens dont Karel De Gucht, négociateur du Traité, recevaient à quelques mètres de là, dans les enceintes du Palais d'Egmont, les business leaders européens, autour du thème "The Business Agenda 2014 – 2019: Rebuilding a Competitive Europe“. Preuve s'il en faut, de tout le poids qu'exercent les lobby industriels sur le processus décisionnel européen!
Peut-on encore espérer que les décideurs européens entendent les voix de la rue et reçoivent les citoyens européens autour d'un thème qui pourrait être "The European Agenda 2014 : Rebuilding a social and democratic Europe"? La compétitivité, la course au profit, le pouvoir absolu des multinationales ont mené à la crise que l'on traverse depuis 2008. On ne peut pas indéfiniment reproduire les mêmes modèles, les mêmes politiques, les mêmes erreurs!
- Où étaient tous les partis qui aujourd'hui, en Belgique, se déclarent contre ce Traité? Ces partis dont les leaders européens incontestés, Schulz, Verhofstadt ou Juncker, potentiels futurs présidents de la Commission européenne, se déclarent pour le TTIP. Est-ce la manière du PS de montrer une fois de plus toute l'incohérence que sa posture : une opposition au TTIP de la tête de liste aux européennes, mais le sabotage anticipé d'une manif contre le TTIP sur Bruxelles Ville, sur ordre d'un bourgmestre socialiste qui avait toutes les cartes en main pour faire de cette matinée une réussite?



Alors parlez-en autour de vous, indignez-vous, mobilisez-vous, surtout le 25 mai, pour que votre voix porte et que nous soyons, ensemble, le changement que nous voulons voir dans le monde.

https://www.facebook.com/stopttiptafta
https://secure.avaaz.org/fr/petition/Refusons_le_traite_transatlantique_UEUSA/?dfcRobb

Non nous ne sommes pas impuissants, nous sommes des milliers en Belgique, des millions en Europe à dire que l'austérité a assez duré, qu'un autre modèle doit émerger, basé sur le respect des femmes, des hommes, des jeunes, des travailleurs. Et sur le respect des ressources de notre planète.

Un monde prospère est un monde égalitaire!

"Les clés de la maison Europe doivent être remises à la jeune génération" - Meeting Ecolo du 11 mai 2014

Caroline Saal, 1ère suppléante à l'Europe, et moi intervenions à l'occasion du Meeting Ecolo du 11 mai sur notre vision de l'Europe.


Une Europe où celles et ceux, et surtout ceux, qui ont construit l'Union européenne sur des bases essentiellement économiques et financières, remettent les clés de la Maison Europe entre les mains des jeunes générations. Nous allons reconstruire l'Europe. Une Europe où les jeunes sont donc au cœur des politiques et portent un projet européen renouvelé, où la diversité et la solidarité sont considérés comme des atouts. Une jeunesse mobilisée, engagée, qui voyage, découvre, travaille, s'épanouit, envisage demain comme une perspective positive plutôt que comme un avenir incertain.

Cela implique des bases sociales minimales élevées afin d'assurer à chacune et à chacun des conditions d'existence décentes, des investissements et la protection des services publics. Parce qu'une Europe prospère est une Europe égalitaire!

Une Europe leader dans la lutte contre le réchauffement climatique, où le soleil d'Espagne et le vent du Danemark donnent tout son sens à une Communauté européenne de l'énergie, où la recherche, l'innovation, le redéploiement sont au coeur d'échanges équitables, de relations réciproques, dans un intérêt commun européen.

Enfin, une Europe qui retrouve tout son sens démocratique, qui se questionne et qui se renouvelle à partir de ces femmes et de ces hommes qui font l'Europe, pas au travers du big business et des intérêts particuliers !

L’Europe dont nous voulons, c'est celle qui est portée par la famille à laquelle Caroline et moi appartenons, la famille écologiste, qui donne des perspectives à un avenir aujourd’hui incertain, qui montre que la transition écologique n'est pas un rêve que l'on regarde les yeux remplis d'étoiles mais une réalité qui est en marche dans nos régions et à laquelle l'Europe doit donner une impulsion collective et un sens commun !

Pour la protection des Droits Numériques!

En quelques mots, les raisons pour lesquelles je soutien la Charte We Promise pour les droits numériques, disponible ici.


Lettre ouverte à un mois du scrutin européen

Chers amis, amies, sympathisants,

Dans exactement un mois, les citoyens belges et européens voteront pour élire le futur Parlement européen, ainsi que leurs représentants régionaux et fédéraux. Jamais une élection européenne n'a été si cruciale et pourtant, jamais le taux de mobilisation des électeurs n'a été si incertain. 

C'est pour cela que j'ai choisi de m'adresser à vous, pour partager mes idées et mes ambitions pour l'Europe. Je souhaite également vous assurer de ma disponibilité pour répondre à vos questions et être à l’écoute de vos suggestions tout au long de ce dernier mois de campagne – et au-delà bien entendu.


Une Europe démocratique, transparente et juste


Pour la première fois depuis le début de la construction de l’Union européenne, le futur Parlement européen aura son mot à dire dans la désignation du futur Président de la Commission européenne, en se fondant sur le résultat des élections. Le Parlement européen a vu ses pouvoirs renforcés par le Traité de Lisbonne. Contrairement à des idées reçues, le vote des électeurs peut réellement changer le visage de l’Europe puisque les représentants belges que nous élirons le 25 mai, sont aussi ceux qui nous représenteront à l’Europe, au sein du « Conseil ».

Dans le même temps, le sentiment de méfiance des citoyens envers les décideurs politiques et l’Union européenne en général s’accroit et les forces eurosceptiques et nationalistes prennent de l’ampleur. Le manque de confiance à l’égard des représentants politiques et des institutions combinés à des politiques sociales désastreuses, alimentent l’anxiété et la colère bien légitime des citoyens.

C’est pourquoi nous devons nous montrer intransigeant avec le fonctionnement démocratique de l’Union et exiger un niveau de transparence et d’équité sans faille. Mais l’Europe,une autre Europe, est une nécessité, une chance et un défi. Une nécessité dans le monde globalisé dans lequel nous vivons : les objectifs énergétiques ou la taxe sur les transactions financières ne peuvent se réaliser à l’échelle des seuls États. Une chance en tant que tentative la plus ambitieuse d’établir une forme de démocratie fondée sur une diversité culturelle où coexistent les dimensions locales et mondiales. Et enfin un défi, dans la construction d’une identité européenne partagée.


Une Europe sociale et progressiste 


Jusqu’à présent, l’intégration de l’UE s’est faite au bénéfice de la dimension économique. Dans les années 80’ l'Union européenne a pris un tournant libéral et dérégulateur décisif.  L'Europe a apporté à la crise économique une réponse fondée sur le « tout austérité », qui a mis à mal la cohésion sociale de ses États membres, en particulier les plus touchés par les difficultés économiques. Elle en paie aujourd'hui le tribut de l'impopularité et du rejet croissant des peuples parce qu'elle est incapable de protéger et de faire preuve de progrès social. 

Les années à venir doivent être mises à profit pour rétablir un équilibre et développer les dimensions politiques, sociales et culturelles de l’Union. Une Europe au service de ses citoyennes et citoyens est indispensable.

L'économie doit accompagner et servir le déploiement de nos sociétés, et non l'inverse. Les espoirs, les craintes et les priorités des citoyens méritent des réponses qui ne peuvent pas être subordonnées aux exigences des marchés financiers.

Le Parlement européen garant de l’intérêt des citoyens européens


Le futur Parlement européen devra donc mettre le citoyen au cœur de ses politiques et promouvoir le développement durable des sociétés comme priorité absolue du projet fédéraliste européen.

Les futurs eurodéputés devront, entre autres travailler activement à la lutte contre le changement climatique, à garantir la liberté d’expression et l’accès à une information neutre et indépendante, à assurer l’égalité des sexes, à lutter contre toute discrimination, à placer l’intégration et la cohésion sociale au cœur de leurs priorités, à faire en sorte que l’UE joue un rôle responsable dans le monde, à fixer un revenu minimum garanti à au moins 60% du revenu médian, à garantir l’égalité d’accès à l’éducation et aux soins de santé, à l’éradication de la pauvreté là où 25% des européens vivent sous le seuil de pauvreté…afin de mettre les questions sociales et environnementales au cœur du projet politique européen et de les rendre au moins aussi centrales que l’économie l’a été jusqu’à présent !

Les Verts savent et sauront faire entendre leurs voix au Parlement européen


En 2009, les Verts sont devenus la quatrième force politique au Parlement européen et ont démontré leur capacité à défendre leur vision de l’Europe et à peser sur les débats et les décisions. Le groupe des Verts au PE a par exemple mené le combat qui a abouti au rejet du Traité ACTA par le Parlement européen en 2012, signant l’une des plus grandes victoires démocratiques du mandat passé.

Nous continuerons à défendre nos valeurs et à nous mobiliser sur les sujets cruciaux qui seront au cœur du travail du Parlement dans les mois et les années à venir. Parmi les enjeux qui demanderont la mobilisation de tous, je citerai le traité de libre-échange entre l’Europe et les États-Unis ou la révision de la stratégie de l’UE « Europe 2020 » afin que les dimensions écologiques et sociales y occupent une place prépondérante.


L'Europe est à un tournant


Le 25 mai prochain, il sera indispensable de poser les bons choix pour faire avancer ce projet européen progressiste et contrer les forces populistes, anti-européennes et xénophobes dont le seul but est de paralyser le développement de l’Union, à l’heure où nous avons besoin de coaliser toutes les énergies et de faire preuve de solidarité pour rencontrer les défis énoncés.

J’espère pouvoir compter sur votre volonté, vos idées et votre soutien!

Pour faire avancer concrètement le projet écologiste avant le 25 mai, vous pouvez m’afficher sur vos fenêtres; distribuer des "passeports de campagne" autour de vous, partager les infos de la campagne sur les réseaux sociaux et en parler. Toutes les forces doivent être mobilisées pour faire changer les choses !

Je me présente aux côtés de Philippe Lamberts, tête de liste et d'une liste de candidats à soutenir également!

Le 25 mai, ce sont aussi les élections régionales et fédérales, n'hésitez pas si vous souhaitez plus d'infos!

Enfin, pour en savoir plus sur le programme d'Ecolo pour l'Europe, voir aussi les chapitres thématiques pour des domaines précis.

Je me tiens à votre disposition pour toute question et idée à partager.

Saskia Bricmont
Ecolo – 2e Effective sur les listes européennes
saskia.bricmont@gmail.com
saskiabricmont.blogspot.com
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« Tear down that treaty Mr President » - TTIP : lettre ouverte à Obama

 Je partage la lettre ouverte rédigée par Stéphane Hazée, Député wallon - Benoit Hellings, Sénateur - Philippe Lamberts, Député européen et Olivier Deleuze, Co-président d’Ecolo au sujet du TTIP.« Tear down that treaty (brisez ce Traité) Mr President »
(image : Shepard Fairey)

Monsieur le Président,

Votre venue en Belgique est pour nous l’occasion de vous dire qu’il n’est pas trop tard !

Il n’est pas trop tard pour ne pas décevoir l’espoir suscité en Europe et dans le Monde par votre élection. Comme beaucoup, nous avons vibré à l’occasion de votre élection, y voyant les prémisses de jours meilleurs.

La suite n’a pas manqué de nous décevoir : si la mise en place d’une assurance-maladie plus inclusive est un succès dont nous nous sommes réjouis, la résolution du conflit israélo-palestinien reste au point mort et les Etats-Unis bloquent toujours toute avancée significative dans la lutte contre le changement climatique. Mais le plus grave est sans aucun doute le programme d’espionnage massif et généralisé des citoyens du monde entier par la NSA, lancé certes par votre prédécesseur mais confirmé et étendu sous votre administration. Un programme auquel vous ne semblez pas vouloir renoncer.

Et voici qu’à l’initiative de l’Union Européenne, votre administration a engagé les négociations en vue d’un Pacte transatlantique sur le commerce et l’investissement (TTIP) dont la conclusion ternirait vos mandats au regard de l’histoire.

Ce traité vise à libéraliser les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l’Union européenne. Les droits de douane étant déjà extrêmement faibles entre les deux blocs (4%), cette libéralisation passe surtout par la suppression de ce que ses promoteurs appellent les « barrières non tarifaires ».

Et c’est là que le bât blesse : cette appellation innocemment bureaucratique recouvre notre refus, à nous Européens, – partagé avec 160 pays mais malheureusement pas le vôtre – notamment : d’engraisser les porcs à la ractopamine, d’élever les bœufs aux hormones, de désinfecter nos poulets aux bains de chlore, ou de cultiver une cinquantaine de variétés d’OGM.

Mais cela ne se limite pas aux enjeux agroalimentaires. Ce que vos conseillers marchandent avec leurs très complices collègues de la Commission européenne, c’est aussi notre modèle de concertation sociale, notre financement public de la culture, de la santé, de la recherche et de l’enseignement, mais aussi nos normes sociales, sanitaires, énergétiques et environnementales, courageusement construites par une succession de luttes sociales et environnementales sur cette rive-ci de l’Atlantique.

Ainsi, ces « préférences » sont vues comme d’illégitimes entraves au « doux commerce » qu’on affirme trop facilement être vecteur de progrès pacifique. Ces choix de société relèvent-ils vraiment de la bureaucratie obsolète ou disproportionnée ? Alors que ce traité, s’il est conclu après avoir été négocié en toute opacité par des technocrates, comporterait des options qu’aucun parlement élu ne pourrait endosser.

N’avez-vous d’autres ambitions que d’étendre à l’Europe, par la porte dérobée de la négociation internationale, un modèle social, agricole, sanitaire, énergétique et environnemental qui a pourtant montré ses limites et ses effets délétères ? Nous savons le prix politique que vous avez payé pour donner à vos concitoyens un embryon de droits médicaux inspirés de ceux que les pays d’Europe offrent aux leurs. Voulez-vous voir ces progrès balayés au nom des intérêts de quelques multinationales et d’une concurrence qu’on dit libre et non faussée pour mieux se cacher qu’elle se limite à l’application aveugle de la loi du plus fort ? N’est-il pas plus urgent de le transformer que de chercher à nous l’imposer ?

Par dessus tout, nous sommes extrêmement préoccupés par les intentions avérées du big business, relayées par votre chef négociateur, qui visent à donner aux grandes firmes multinationales non seulement plus d’influence sur la rédaction de la législation des deux côtés de l’Atlantique mais aussi un droit d’attaquer les Etats devant un tribunal ad hoc chaque fois qu’elles estiment qu’une législation en vigueur leur cause un manque à gagner ! C’est bien la démocratie qui est en jeu ici.

Nous espérions que votre Présidence marquerait le signe du retour des Etats-Unis comme porte-étendard d’un monde plus juste, en fidélité à l’inspiration de votre première campagne électorale, qui incarnait l’alliance du pragmatisme sur les moyens et de la ténacité sur les valeurs. Au lieu de cela, vous avez soumis le monde à la NSA et bientôt, par les accords de commerce que vous négociez, aux multinationales de tout poil dont la seule obsession est la maximisation à court terme des profits, par une accélération de l’exploitation de la planète et des hommes.

En son temps, un de vos prédécesseurs avait interpellé Mikhaïl Gorbatchev à Berlin : « Tear down that wall (Brisez ce Mur), Mr Gorbatchev » . Nous vous le demandons solennellement, comme nous le demandons à la Commission Européenne, avant qu’ici aussi, les peuples ne s’en chargent : « Tear down that treaty Mr President ». Si la chute du Mur a incarné la fin d’une période, les discussions autour de ce Traité se situent elles aussi à la charnière de deux périodes historiques. Le néo-libéralisme triomphant de ces trois dernières décennies a laissé apparaître au grand jour toutes ses failles avec la crise de 2008. Ne soldons pas cette crise en approfondissant les causes qui l’ont fait naître.

Vous le savez comme nous, ce dont le monde a besoin, ce n’est pas de la poursuite de la spécialisation de nos économies au profit de quelques multinationales tellement puissantes qu’elles se jouent des États. Pour nous, la nécessaire réduction des émissions de CO2, couplée à la fin du pétrole bon marché, nous force à penser en dehors de ce cadre impossible d’un monde unifié par le grand marché. Ce dont il a besoin, ce dont nous avons besoin, c’est au contraire d’une relocalisation des économies, qui n’aille pas de pair avec une fermeture des esprits et des échanges.

Nous souhaitons en effet garder le meilleur de ce que la mondialisation a apporté : la création d’un embryon d’espace public mondial, une diffusion sans précédent des informations et de la connaissance, et des échanges culturels d’une intensité inouïe. Mais ces richesses-là n’ont rien à voir avec le dumping social ou le moins-disant en matière environnementale.

Face aux dangers qui les menacent, nos sociétés ont besoin de plus de résilience, et donc de plus de diversité productive. Ce projet de Traité nous promet l’inverse : des avantages compétitifs dans des micro-segments hyperspécialisés du marché mondialisé, qui laisseront nos sociétés dépourvues et sans défense lorsque la bise sera venue.

L’urgence n’est pas à approfondir une logique dont on voit tous les jours les impasses dans lesquelles elle nous a menés. L’urgence n’est pas à accroître le pouvoir des multinationales. Elle est au contraire à repenser radicalement notre modèle économique en s’inspirant des contraintes environnementales plutôt qu’en les niant.

Dénoncer les dangers de ce Traité, ce n’est pas plaider pour le protectionnisme ou le repli, c’est vouloir au contraire que les peuples puissent s’échanger le meilleur d’eux-mêmes et pas l’exploitation des travailleurs et des ressources.

Vous avez commencé par nous faire rêver : n’achevez pas votre mandat par la réalisation d’un cauchemar, inutile.


Stéphane Hazée, Député wallon
Benoit Hellings, Sénateur
Philippe Lamberts, Député européen
Olivier Deleuze, Co-président d’Ecolo
 

Pour en savoir plus, ne ratez pas la rencontre "Entre le TTIP et l’Europe, il faut choisir !" débats - colloques le mercredi 7 mai de 19:00 à 22:00 Benoit Hellings, Philippe Lamberts. Lieu : Marie Haps, Auditoire A14.01. Adresse : Rue d’Arlon 14, 1050 Bruxelles

Ta voix compte!

J'ai participé à un débat organisé par le très chouette projet Ta Voix Compte ! qui s'inscrit dans une vaste dynamique de sensibilisation des jeunes de 18 à 26 ans, en vue des élections européennes, le 25 mai 2014.

"Ta Voix Compte ! est un véritable projet pédagogique pour comprendre le fonctionnement du Parlement européen, connaître les décisions qui ont été prises et leur impact sur la vie quotidienne des jeunes citoyens européens en perspective des élections de 2014. Il s'agit de faire prendre conscience aux jeunes de l'importance de leur vote et de leur donner pour cela des éléments de réflexion qui pourront les orienter dans leur choix électoral." http://www.tavoixcompte.eu 

Encore quelques rendez-vous à ne pas manquer d'ici aux élections afin d'entendre les représentants des 4 partis et leur projet pour l'Europe!



Le débat a porté plus particulièrement sur l'Europe sociale.

Une Europe qui place la justice et la protection sociale, la cohésion et la participation de toutes et tous au cœur de ses objectifs.  L’objectif – incontournable - de droits sociaux communs à tous les Européens, garantis par des éléments communs de sécurité sociale demeure certes lointain. Mais il est à la fois une question de justice et d’équité et une exigence économique : sans mécanismes de transfert, aucune union monétaire ne peut tenir.
Sur ce chemin, la mise en place de normes sociales minimales – comme par exemple la mise en œuvre d’un salaire et d’un revenu minimum dans tous les Etats membres est une étape indispensable. Elle doit mener à une harmonisation progressive par le haut des normes sociales. Comme en matière fiscale, cela exige de passer de la compétition à la coopération.
Il s’agit aussi de rendre les objectifs sociaux de l’UE – tels que la réduction de la pauvreté ou l’accès à l’enseignement et à la formation – aussi contraignants que les objectifs budgétaires et environnementaux. Il s’agit enfin d’imposer que les programmes d’assistance financière mettent la justice sociale au cœur de leur action.

Pour en savoir plus, voir le programme d'Ecolo pour l'Europe

Les métiers n’ont pas de sexe !

Comme chaque année, le 8 mars, « Journée internationale des femmes », est l’occasion de rappeler combien notre combat en faveur de l’égalité est malheureusement toujours d’actualité.

Même si la plupart des gens pense que l’égalité entre les hommes et les femmes est à présent chose acquise, dans les faits beaucoup de situations nous démontrent le contraire et prouvent qu’une attention de tous les jours reste vraiment nécessaire pour changer les mentalités.
L’égalité entre les femmes et les hommes fait partie des fondements de l’écologie politique. Nos mandataires inscrivent à l’agenda politique des mesures correctrices nécessaires pour lutter contre les stéréotypes dès l’école et éradiquer les discriminations dans les champs de la vie sociale, familiale et professionnelle et à tous les niveaux de responsabilité.

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Ils et elles sont candidat-es, parlementaires, ministres ou coprésident-e. Et ont eu envie, de manière ludique et un brin provocatrice, de marquer le coup…

…ce 8 mars, Journée internationale des Femmes…

Souligner les avancées engrangées en matière d’égalité entre les femmes et les hommes mais aussi rappeler à quel point ce combat reste d’actualité, tel est le sens de la démarche qu’Ecolo entreprend en ce 8 mars 2014.
En matière d’emploi, quelques données ne manquent pas d’interpeller :
- alors que les femmes représentent la moitié de la population en âge de travailler au sein de l’Union Européenne, seules 31% d’entre elles se lancent dans une activité d’indépendante [1] ;
- seules 30 % des femmes faiblement qualifiées travaillent, contre 46,1 % des hommes ; a contrario, près de 80% des hautement qualifiées occupent un emploi [2] ;
- 97% des personnes travaillant sous le régime des titres-services sont des femmes [3] ;
- 43% des femmes salariées travaillent à temps partiel ;
- au sein de l’administration fédérale, seul 1 manager sur 6 est une femme [4] ;
- en moyenne, l’écart salarial entre femmes et hommes est de 15%, en dépit d’une importante législation anti-discrimination et de promotion de l’égalité entre femmes et hommes dans le domaine du travail [5].

Alors que deux tiers des hommes ont un emploi rémunéré, un peu plus de la moitié des femmes seulement sont actives sur le marché du travail :
- 7,8% des salariés masculins travaillent à temps partiel contre 43% du côté des femmes actives ;
- Les femmes isolées avec enfants rencontrent plus de difficultés que les autres sur le marché du travail. Elles sont également davantage exposées au risque de se retrouver sous le seuil de pauvreté
Si des efforts sont faits en matière d’égalité, on constate aussi que les stéréotypes ont la vie dure et que les femmes restent souvent victimes de discriminations en matière d’emploi, que ce soit en termes de salaire, de temps partiel, d’accès aux métiers, de flexibilité ou de promotion.

L’égalité dans les métiers a la vie dure !

Il y a les métiers traditionnellement attribués et occupés par les hommes…
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- Conducteurs de machines de terrassement et de chantiers, ouvriers du bâtiment ou bûcherons sont presqu’exclusivement des hommes (plus de 99%) ;
- 98,9% des pompiers sont des hommes ;
- Idem pour 98% des soudeurs, mécaniciens, plombiers ou menuisiers ;
- Ebénistes (97,2%), peintres (93,5%), bouchers (90,7%), ingénieurs (89,5%) ou policiers (83,4%) sont aussi des professions largement masculines…



Mais les femmes sont près de :
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- 68% comme hôtesses de l’air et stewardess ;
- 70% comme vendeuses et employées de magasin ;
- 83% comme institutrices (ce chiffre monte à 97% chez les institutrices maternelles) ;
- 80% comme réceptionnistes ou guichetières ;
- 85% comme coiffeuses et esthéticiennes ;
- 88% comme infirmières ou puéricultrices ;
- 90% comme secrétaires ;
- 97% dans le secteur de la garde d’enfants ;
- 98% comme aides ménagères à domicile ;
- 99% comme diététiciennes [6].
Et seulement…
- 3 à 4% de femmes occupent des postes dans des métiers d’ouvriers (construction mécanique, industrie métallique, transport);
- 15% sont actives dans le secteur de la construction, des sciences physiques, mathématiques et techniques
- 18% comme ouvrières qualifiées dans l’industrie de précision;
- 29% dans les métiers du secteur agricole ou comme chefs d’entreprise;
- 33% comme gérantes ou directrices de petites entreprises.

En politique et au sein des entreprises aussi…

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Du côté politique, la parité est récemment devenue obligatoire sur les listes. Pourtant, en Wallonie, un mandataire communal ou provincial sur trois seulement est une femme, soit 34,9 % très exactement. Et seules trois communes wallonnes comportent plus de conseillères que de conseillers ; de nombreux conseils abritent même moins de 15 % de femmes. Si les dernières élections d’octobre 2012 ont permis d’augmenter légèrement la représentation féminine (32% à 34,9%), la parité n’est pas encore une réalité politique. Chez Ecolo, où le mécanisme de la tirette est d’application depuis 2006, les résultats sont là : 45% de ses élus sont des femmes !
Et du côté du secteur privé ? Deux tiers des diplômes de bachelier sont délivrés à des femmes tout comme 57 % des diplômes de master et 59 % des diplômes post-master [7]. Pourtant, elles sont quasi absentes à la tête des entreprises cotées en bourse : la proportion de femmes dans les conseils d’administration s’élevait à 10% en 2012 contre 6% en 2008 ! Cette situation devrait toutefois évoluer, dans la mesure où une loi votée en 2011 oblige les entreprises cotées en bourse et les entreprises publiques à accueillir au moins un tiers de femmes au sein de leur conseil d’administration d’ici six à huit ans, en fonction de leur taille. Dans le même sens, fin 2013, le Parlement européen a approuvé à une large majorité une directive imposant un taux minimum de 40% de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises cotées en bourse…

Quand je serai grand, je serai…

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Depuis leur naissance, à travers les jouets et les jeux qu’on leur propose, à travers les vêtements qu’on leur fait porter, les déguisements qui sont ou non autorisés, les loisirs auxquels on les inscrits, filles et garçons ne reçoivent pas les mêmes messages sur les comportements que l’on attend d’eux.
L’homme est valorisé au sein du monde du travail, représenté dans des rôles « actifs » ; la femme est à la maison, représentée dans la sphère domestique et dans des rôles « passifs ». L’influence de ces stéréotypes sur l’orientation scolaire et professionnelle des jeunes est évidente : les filles s’orientent plus souvent vers des métiers traditionnellement attribués aux femmes tels qu’assistante sociale, infirmière, institutrice, éducatrice... Les garçons se tournent vers les sciences, les métiers de la finance, de la construction ou du génie civil.
Ces clichés se trouvent aujourd’hui renforcés par la réalité du monde dans lequel nos enfants ont à grandir. Les publicités, les séries télés, les films, les livres, les manuels scolaires donnent en effet à voir un monde qui renforce ces clichés.
Des études récentes démontrent que les jeunes hommes et les jeunes filles se forgent très tôt leur idée sur les métiers à leur portée. Ce qui, inévitablement, oriente le choix de leur parcours :
- Dans l’enseignement technique, on retrouve 27 filles pour 1271 garçons dans les formations à la construction tandis que le secteur des services aux personnes accueille 13.314 (!) filles mais seulement 4.471 garçons.
- Dans l’enseignement général, les filles sont majoritaires en éducation artistique, latin, histoire et sciences sociales et sont quasi absentes en éducation technique ou en éducation physique. Elles restent minoritaires (40%) dans les options maths fortes ou sciences.
- Lors de leur inscription à l’université, 9% des filles seulement choisissent les sciences alors que 29% des garçons font ce choix. Et pourtant, 51% des filles et 38% des garçons réussissent en sciences à l’issue de la première année d’université en sciences.
Les études sur le genre démontrent ainsi que les stéréotypes et les préjugés à l’égard des femmes et des hommes s’ancrent très tôt dans le développement des enfants.
Il faut donc une nécessaire prise de conscience par l’ensemble de la société de l’existence encore bien réelle de cette inégalité entre les hommes et les femmes.
Et ceci n’est pas un combat d’arrière-garde !
L’école est un des maillons les plus importants dans la chaîne de la construction de soi et donc de son rapport aux autres.
Il est important de proposer le plus tôt possible à chaque enfant une éducation égalitaire en termes de relations entre les filles et les garçons (jouets, lectures, notion de respect, libre choix et égalité face à la formation, l’emploi...). L’élimination des stéréotypes sexués est indispensable pour l’instauration de réels rapports égalitaires entre les jeunes, futur(e)s citoyens(nes).

Ecolo sur le pont !

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Comme dans d’autres domaines de la vie sociale et politique, Ecolo a été particulièrement précurseur en matière d’égalité des genres. Parmi quelques avancées obtenues grâce à l’action des écologistes, citons entre autres, l’adoption du principe de la tirette pour les élections communales et provinciales. Une parité et une alternance strictes qui permettront de tendre vers un nombre le plus équivalent possible entre élus femmes et hommes. Une proposition de décret déposée début 2014 par les Parlementaires Ecolo va plus loin et prévoit qu’à partir du prochain renouvellement prévu en 2018, chaque collège communal devra compter au moins un tiers de membres de chaque sexe. Il en ira de même pour chaque collège provincial.
D’autres propositions ont été déposées, visant à briser le plafond de verre dans les universités [8], à réprimer certains actes inspirés par le sexisme, à mettre fin aux stéréotypes sexués dans les manuels scolaires, à accorder la possibilité aux parents d’octroyer les deux noms à leurs enfants…

Mais beaucoup reste à faire pour assurer l’égalité face à l’emploi

Oui, il reste beaucoup à faire pour assurer l’égalité face à l’emploi, d’autant plus que quand la crise touche et épuise l’ensemble de notre population, les femmes sont davantage exposées au risque de pauvreté, à la privation, à la difficulté de joindre les deux bouts : chômage, emplois précaires ou à temps partiel, bas salaires se voient renforcés par les coupes budgétaires et autres mesures qui creusent encore les inégalités.
Les mesures d’austérité du gouvernement fédéral prises ces dernières semaines auront un impact particulièrement négatif sur les femmes : dégressivité accrue des allocations de chômage ; exclusion des demandeurs d’emploi -notamment des femmes qui ont un petit temps partiel qui ont du mal à prouver qu’elles cherchent un temps plein- ; limitation dans le temps des allocations d’attente ; réforme linéaire du système des pensions alors que les femmes disposent à la fois des contrats les plus précaires et des plus basses pensions…
Des mesures doivent être prises - et Ecolo y travaille - pour :
- bannir le sexisme et les stéréotypes dès le plus jeune âge
- combattre les temps partiels non choisis et la dérégulation du travail
- améliorer la qualité de l’emploi, redéfinir la notion d’emploi convenable
- partager le temps pour concilier vie professionnelle et familiale
- assurer l’égalité salariale
- garantir une pension décente aux femmes
- soutenir et favoriser l’entreprenariat féminin, notamment dans l’économie verte et dans l’économie sociale
- harmoniser à l’échelle européenne les dispositions les plus favorables à l’égalité de genre ("Clause de l’européenne la plus favorisée")
- rendre les gouvernements, les services publics et les entreprises privées plus paritaires
- Travailler sur l’image des métiers, accessibles à toutes et tous.
Lutter contre les clichés… tel est le sens de l’action menée par Ecolo en ce 8 mars 2014.

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Motion au Conseil communal d'Ath concernant les mesures fédérales d'exclusion des chômeurs.

La majorité PS-MR a annoncé son abstention sur la motion que j'ai déposée au Conseil communal de ce 7 mars 2014... et comptait déposer un texte alternatif - reçu en séance - en écho, texte portant que les transferts de compétences emploi vers les entités fédérées... bref un tout autre sujet, même s'il comportait des propositions intéressantes reprises de la motion proposée par l'UCVW en décembre 2013.

Ecolo a dès lors accepté un formule de compromis : rédiger un texte commun d'ici la semaine prochaine. Nous verrons donc à quoi il est possible d'aboutir à une position ferme par rapport à ces mesures au niveau athois, la suite au prochain épisode!


ATH, le 7 MARS 2014
AU CONSEIL COMMUNAL
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Mesdames et Messieurs,

Au 1er janvier 2015, la limitation des allocations d’insertion décidée par le Gouvernement fédéral entrainera l’exclusion de 50 000 sans emploi selon une étude menée par une organisation syndicale. 32 105 personnes verraient ainsi leur allocation d’insertion supprimée en Wallonie, dont 2700 en Wallonie picarde et parmi lesquelles 64% sont des femmes.
D’aucun a parlé de véritable tsunami social pour les CPAS. Cette réforme poussera en effet encore davantage de personnes vers la précarité, sans résoudre la question de l’emploi et entrainera des injustices sociales sur plusieurs plans :

  1. Elle s’attaque aux chômeurs plutôt qu’aux causes du chômage. Réforme d’autant plus absurde que nous ne sommes pas en situation de plein emploi (une offre d’emploi publiée en Wallonie picarde pour 46 chômeurs selon les organisations syndicales). Le demandeur d’emploi se retrouve ainsi pointé comme responsable du manque d’emploi, ce qui entraine une réelle stigmatisation et dévalorisation des demandeurs d’emploi, particulièrement des jeunes dont on bloque ainsi les perspectives futures ;
  2. Elle organise une régression importante de la protection sociale en faisant passer les travailleurs sans emploi du chômage au revenu d’intégration sociale, pour ceux qui y auront droit. Il les fait passer d’un droit de sécurité sociale qui s’obtient sur la base de leur situation familiale (chef de famille, isolé et cohabitant) à un droit résiduaire où on ne tient plus uniquement compte de leur statut mais des revenus de leur famille. Ainsi, les chômeurs exclus qui sont cohabitants n’auront pas droit à l’aide du CPAS ;
  3. Elle provoquera au 1er janvier 2015 l’exclusion de 17 000 chômeurs au taux chef de famille et isolés à l’échelle de la Wallonie dont 2 700 rien qu’en Wallonie picarde selon les organisations syndicales ;
  4. Elle entraine de nouvelles charges pour le CPAS et, en cascade, pour les finances communales : entre 73 millions d’euros (première vague de demandes au 1er janvier 2015) et 97 millions d’euros (si tous les exclus des allocations d'insertion venaient à demander un revenu d’intégration le 1er janvier 2015) selon le Président de la fédération des CPAS de Wallonie ;
  5. Elle touchera principalement les femmes (64% de femmes risquent de perdre leur allocation de chômage en Wallonie picarde selon une organisation syndicale) et les jeunes (sur 3000 jeunes en stage d’insertion en wapi, 50% pourraient être concernés par la mesure).
LE CONSEIL COMMUNAL RÉUNI EN SÉANCE PUBLIQUE,

Compte tenu de l’importance de cette réforme pour la commune et la vie communale,
Sachant :

-      Que l’impact estimé de cette mesure, rien que pour la Ville d’Ath, serait l’exclusion du chômage de 222 personnes en 2015 selon les organisations syndicales ;
-      Que les CPAS doivent toujours faire plus avec moins : stabilisation voire réduction des dotations, augmentation du coût du personnel, non indexation des subsides de personnel, transferts de nouvelles charges, sous-financement structurel, etc. ; et devront faire face à d’autres défis pour les années à venir tel que celui du vieillissement. 

Après en avoir délibéré ;

D E C I D E :

-      De demander au gouvernement fédéral la suppression des réformes qui mènent à l’exclusion des allocations d’insertion pour des milliers de chômeurs pour les raisons précitées ;
-      De demander au gouvernement fédéral le financement à 90% du revenu d’intégration sociale, tel que demandé également par l’Union des Villes et des Communes de Wallonie ;
-      De demander au gouvernement fédéral la prise en charge totale du surcoût des frais de personnel inhérents à cette mesure ;
-      De demander au gouvernement fédéral de mettre fin à tout transfert de charges vers les CPAS et les communes ; 
-      De plaider pour une augmentation de l’insertion sociale et socioprofessionnelle des personnes bénéficiant du RIS, en faveur d’initiatives à plus-value économique et sociale, dans le cadre notamment des missions de proximité. 



Quelques liens supplémentaires vers des communications Ecolo :

http://www.ecolo.be/?travailleuses-a-temps-partiels-les
http://www.ecolo.be/?Une-mesure-qui-fera-mal-et-qui
http://www.ecolo.be/?La-majorite-poursuit-sa-politique

L'Eco-féminisme

- Introduction L’écologie féministe, éco-féminisme ou encore, « féminisme environnementaliste », est une approche féministe de l’éthique environnementale, apparue entre les années 1970 et 1980 et est considérée comme faisant partie de la « seconde vague » féministe. Né de l’union entre les pensées féministes radicales et écologiques, l’éco-féminisme doit son appellation à la féministe française Françoise d’Eaubonne. Notons qu’en Amérique du Nord, elle s’est principalement développée à partir des mouvements antinucléaire, anti-guerre, pro-environnementaux et pro-homosexuels (lesbiennes) et, bien sûr, féministes « généralistes » des années 1980. Depuis, maintes publications, conférences et actions basées sur la reconnaissance et l’analyse des connexions existant entre les femmes, la nature et le changement social constituent autant de jalons autorisant l’approche théorique que nous développons ci-après. L’éco-féminisme établit un étroit lien entre la domination de la nature par l’homme et l’exploitation des femmes. Il s’oppose de façon radicale à la mondialisation néo-libérale, considérée comme la cause majeure des problèmes de ce siècle : l’exclusion, les violences, la pauvreté, la pollution, les guerres ouvertes ou larvées. Il est à la fois un mouvement de l’esprit, une philosophie de la vie et une résistance politique. L’éco-féminisme n’est pas un mouvement homogène mais apparaît comme une « résultante » constituée de différentes approches contribuant chacune à alimenter la théorie. Cette hétérogénéité constatée aux sources et au sein-même de l’écologie féministe fait à la fois ses forces et ses faiblesses. (...) Accès à la recherche complète (20 pages) sur demande.