Les métiers n’ont pas de sexe !

Comme chaque année, le 8 mars, « Journée internationale des femmes », est l’occasion de rappeler combien notre combat en faveur de l’égalité est malheureusement toujours d’actualité.

Même si la plupart des gens pense que l’égalité entre les hommes et les femmes est à présent chose acquise, dans les faits beaucoup de situations nous démontrent le contraire et prouvent qu’une attention de tous les jours reste vraiment nécessaire pour changer les mentalités.
L’égalité entre les femmes et les hommes fait partie des fondements de l’écologie politique. Nos mandataires inscrivent à l’agenda politique des mesures correctrices nécessaires pour lutter contre les stéréotypes dès l’école et éradiquer les discriminations dans les champs de la vie sociale, familiale et professionnelle et à tous les niveaux de responsabilité.

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Ils et elles sont candidat-es, parlementaires, ministres ou coprésident-e. Et ont eu envie, de manière ludique et un brin provocatrice, de marquer le coup…

…ce 8 mars, Journée internationale des Femmes…

Souligner les avancées engrangées en matière d’égalité entre les femmes et les hommes mais aussi rappeler à quel point ce combat reste d’actualité, tel est le sens de la démarche qu’Ecolo entreprend en ce 8 mars 2014.
En matière d’emploi, quelques données ne manquent pas d’interpeller :
- alors que les femmes représentent la moitié de la population en âge de travailler au sein de l’Union Européenne, seules 31% d’entre elles se lancent dans une activité d’indépendante [1] ;
- seules 30 % des femmes faiblement qualifiées travaillent, contre 46,1 % des hommes ; a contrario, près de 80% des hautement qualifiées occupent un emploi [2] ;
- 97% des personnes travaillant sous le régime des titres-services sont des femmes [3] ;
- 43% des femmes salariées travaillent à temps partiel ;
- au sein de l’administration fédérale, seul 1 manager sur 6 est une femme [4] ;
- en moyenne, l’écart salarial entre femmes et hommes est de 15%, en dépit d’une importante législation anti-discrimination et de promotion de l’égalité entre femmes et hommes dans le domaine du travail [5].

Alors que deux tiers des hommes ont un emploi rémunéré, un peu plus de la moitié des femmes seulement sont actives sur le marché du travail :
- 7,8% des salariés masculins travaillent à temps partiel contre 43% du côté des femmes actives ;
- Les femmes isolées avec enfants rencontrent plus de difficultés que les autres sur le marché du travail. Elles sont également davantage exposées au risque de se retrouver sous le seuil de pauvreté
Si des efforts sont faits en matière d’égalité, on constate aussi que les stéréotypes ont la vie dure et que les femmes restent souvent victimes de discriminations en matière d’emploi, que ce soit en termes de salaire, de temps partiel, d’accès aux métiers, de flexibilité ou de promotion.

L’égalité dans les métiers a la vie dure !

Il y a les métiers traditionnellement attribués et occupés par les hommes…
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- Conducteurs de machines de terrassement et de chantiers, ouvriers du bâtiment ou bûcherons sont presqu’exclusivement des hommes (plus de 99%) ;
- 98,9% des pompiers sont des hommes ;
- Idem pour 98% des soudeurs, mécaniciens, plombiers ou menuisiers ;
- Ebénistes (97,2%), peintres (93,5%), bouchers (90,7%), ingénieurs (89,5%) ou policiers (83,4%) sont aussi des professions largement masculines…



Mais les femmes sont près de :
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- 68% comme hôtesses de l’air et stewardess ;
- 70% comme vendeuses et employées de magasin ;
- 83% comme institutrices (ce chiffre monte à 97% chez les institutrices maternelles) ;
- 80% comme réceptionnistes ou guichetières ;
- 85% comme coiffeuses et esthéticiennes ;
- 88% comme infirmières ou puéricultrices ;
- 90% comme secrétaires ;
- 97% dans le secteur de la garde d’enfants ;
- 98% comme aides ménagères à domicile ;
- 99% comme diététiciennes [6].
Et seulement…
- 3 à 4% de femmes occupent des postes dans des métiers d’ouvriers (construction mécanique, industrie métallique, transport);
- 15% sont actives dans le secteur de la construction, des sciences physiques, mathématiques et techniques
- 18% comme ouvrières qualifiées dans l’industrie de précision;
- 29% dans les métiers du secteur agricole ou comme chefs d’entreprise;
- 33% comme gérantes ou directrices de petites entreprises.

En politique et au sein des entreprises aussi…

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Du côté politique, la parité est récemment devenue obligatoire sur les listes. Pourtant, en Wallonie, un mandataire communal ou provincial sur trois seulement est une femme, soit 34,9 % très exactement. Et seules trois communes wallonnes comportent plus de conseillères que de conseillers ; de nombreux conseils abritent même moins de 15 % de femmes. Si les dernières élections d’octobre 2012 ont permis d’augmenter légèrement la représentation féminine (32% à 34,9%), la parité n’est pas encore une réalité politique. Chez Ecolo, où le mécanisme de la tirette est d’application depuis 2006, les résultats sont là : 45% de ses élus sont des femmes !
Et du côté du secteur privé ? Deux tiers des diplômes de bachelier sont délivrés à des femmes tout comme 57 % des diplômes de master et 59 % des diplômes post-master [7]. Pourtant, elles sont quasi absentes à la tête des entreprises cotées en bourse : la proportion de femmes dans les conseils d’administration s’élevait à 10% en 2012 contre 6% en 2008 ! Cette situation devrait toutefois évoluer, dans la mesure où une loi votée en 2011 oblige les entreprises cotées en bourse et les entreprises publiques à accueillir au moins un tiers de femmes au sein de leur conseil d’administration d’ici six à huit ans, en fonction de leur taille. Dans le même sens, fin 2013, le Parlement européen a approuvé à une large majorité une directive imposant un taux minimum de 40% de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises cotées en bourse…

Quand je serai grand, je serai…

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Depuis leur naissance, à travers les jouets et les jeux qu’on leur propose, à travers les vêtements qu’on leur fait porter, les déguisements qui sont ou non autorisés, les loisirs auxquels on les inscrits, filles et garçons ne reçoivent pas les mêmes messages sur les comportements que l’on attend d’eux.
L’homme est valorisé au sein du monde du travail, représenté dans des rôles « actifs » ; la femme est à la maison, représentée dans la sphère domestique et dans des rôles « passifs ». L’influence de ces stéréotypes sur l’orientation scolaire et professionnelle des jeunes est évidente : les filles s’orientent plus souvent vers des métiers traditionnellement attribués aux femmes tels qu’assistante sociale, infirmière, institutrice, éducatrice... Les garçons se tournent vers les sciences, les métiers de la finance, de la construction ou du génie civil.
Ces clichés se trouvent aujourd’hui renforcés par la réalité du monde dans lequel nos enfants ont à grandir. Les publicités, les séries télés, les films, les livres, les manuels scolaires donnent en effet à voir un monde qui renforce ces clichés.
Des études récentes démontrent que les jeunes hommes et les jeunes filles se forgent très tôt leur idée sur les métiers à leur portée. Ce qui, inévitablement, oriente le choix de leur parcours :
- Dans l’enseignement technique, on retrouve 27 filles pour 1271 garçons dans les formations à la construction tandis que le secteur des services aux personnes accueille 13.314 (!) filles mais seulement 4.471 garçons.
- Dans l’enseignement général, les filles sont majoritaires en éducation artistique, latin, histoire et sciences sociales et sont quasi absentes en éducation technique ou en éducation physique. Elles restent minoritaires (40%) dans les options maths fortes ou sciences.
- Lors de leur inscription à l’université, 9% des filles seulement choisissent les sciences alors que 29% des garçons font ce choix. Et pourtant, 51% des filles et 38% des garçons réussissent en sciences à l’issue de la première année d’université en sciences.
Les études sur le genre démontrent ainsi que les stéréotypes et les préjugés à l’égard des femmes et des hommes s’ancrent très tôt dans le développement des enfants.
Il faut donc une nécessaire prise de conscience par l’ensemble de la société de l’existence encore bien réelle de cette inégalité entre les hommes et les femmes.
Et ceci n’est pas un combat d’arrière-garde !
L’école est un des maillons les plus importants dans la chaîne de la construction de soi et donc de son rapport aux autres.
Il est important de proposer le plus tôt possible à chaque enfant une éducation égalitaire en termes de relations entre les filles et les garçons (jouets, lectures, notion de respect, libre choix et égalité face à la formation, l’emploi...). L’élimination des stéréotypes sexués est indispensable pour l’instauration de réels rapports égalitaires entre les jeunes, futur(e)s citoyens(nes).

Ecolo sur le pont !

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Comme dans d’autres domaines de la vie sociale et politique, Ecolo a été particulièrement précurseur en matière d’égalité des genres. Parmi quelques avancées obtenues grâce à l’action des écologistes, citons entre autres, l’adoption du principe de la tirette pour les élections communales et provinciales. Une parité et une alternance strictes qui permettront de tendre vers un nombre le plus équivalent possible entre élus femmes et hommes. Une proposition de décret déposée début 2014 par les Parlementaires Ecolo va plus loin et prévoit qu’à partir du prochain renouvellement prévu en 2018, chaque collège communal devra compter au moins un tiers de membres de chaque sexe. Il en ira de même pour chaque collège provincial.
D’autres propositions ont été déposées, visant à briser le plafond de verre dans les universités [8], à réprimer certains actes inspirés par le sexisme, à mettre fin aux stéréotypes sexués dans les manuels scolaires, à accorder la possibilité aux parents d’octroyer les deux noms à leurs enfants…

Mais beaucoup reste à faire pour assurer l’égalité face à l’emploi

Oui, il reste beaucoup à faire pour assurer l’égalité face à l’emploi, d’autant plus que quand la crise touche et épuise l’ensemble de notre population, les femmes sont davantage exposées au risque de pauvreté, à la privation, à la difficulté de joindre les deux bouts : chômage, emplois précaires ou à temps partiel, bas salaires se voient renforcés par les coupes budgétaires et autres mesures qui creusent encore les inégalités.
Les mesures d’austérité du gouvernement fédéral prises ces dernières semaines auront un impact particulièrement négatif sur les femmes : dégressivité accrue des allocations de chômage ; exclusion des demandeurs d’emploi -notamment des femmes qui ont un petit temps partiel qui ont du mal à prouver qu’elles cherchent un temps plein- ; limitation dans le temps des allocations d’attente ; réforme linéaire du système des pensions alors que les femmes disposent à la fois des contrats les plus précaires et des plus basses pensions…
Des mesures doivent être prises - et Ecolo y travaille - pour :
- bannir le sexisme et les stéréotypes dès le plus jeune âge
- combattre les temps partiels non choisis et la dérégulation du travail
- améliorer la qualité de l’emploi, redéfinir la notion d’emploi convenable
- partager le temps pour concilier vie professionnelle et familiale
- assurer l’égalité salariale
- garantir une pension décente aux femmes
- soutenir et favoriser l’entreprenariat féminin, notamment dans l’économie verte et dans l’économie sociale
- harmoniser à l’échelle européenne les dispositions les plus favorables à l’égalité de genre ("Clause de l’européenne la plus favorisée")
- rendre les gouvernements, les services publics et les entreprises privées plus paritaires
- Travailler sur l’image des métiers, accessibles à toutes et tous.
Lutter contre les clichés… tel est le sens de l’action menée par Ecolo en ce 8 mars 2014.

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Motion au Conseil communal d'Ath concernant les mesures fédérales d'exclusion des chômeurs.

La majorité PS-MR a annoncé son abstention sur la motion que j'ai déposée au Conseil communal de ce 7 mars 2014... et comptait déposer un texte alternatif - reçu en séance - en écho, texte portant que les transferts de compétences emploi vers les entités fédérées... bref un tout autre sujet, même s'il comportait des propositions intéressantes reprises de la motion proposée par l'UCVW en décembre 2013.

Ecolo a dès lors accepté un formule de compromis : rédiger un texte commun d'ici la semaine prochaine. Nous verrons donc à quoi il est possible d'aboutir à une position ferme par rapport à ces mesures au niveau athois, la suite au prochain épisode!


ATH, le 7 MARS 2014
AU CONSEIL COMMUNAL
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Mesdames et Messieurs,

Au 1er janvier 2015, la limitation des allocations d’insertion décidée par le Gouvernement fédéral entrainera l’exclusion de 50 000 sans emploi selon une étude menée par une organisation syndicale. 32 105 personnes verraient ainsi leur allocation d’insertion supprimée en Wallonie, dont 2700 en Wallonie picarde et parmi lesquelles 64% sont des femmes.
D’aucun a parlé de véritable tsunami social pour les CPAS. Cette réforme poussera en effet encore davantage de personnes vers la précarité, sans résoudre la question de l’emploi et entrainera des injustices sociales sur plusieurs plans :

  1. Elle s’attaque aux chômeurs plutôt qu’aux causes du chômage. Réforme d’autant plus absurde que nous ne sommes pas en situation de plein emploi (une offre d’emploi publiée en Wallonie picarde pour 46 chômeurs selon les organisations syndicales). Le demandeur d’emploi se retrouve ainsi pointé comme responsable du manque d’emploi, ce qui entraine une réelle stigmatisation et dévalorisation des demandeurs d’emploi, particulièrement des jeunes dont on bloque ainsi les perspectives futures ;
  2. Elle organise une régression importante de la protection sociale en faisant passer les travailleurs sans emploi du chômage au revenu d’intégration sociale, pour ceux qui y auront droit. Il les fait passer d’un droit de sécurité sociale qui s’obtient sur la base de leur situation familiale (chef de famille, isolé et cohabitant) à un droit résiduaire où on ne tient plus uniquement compte de leur statut mais des revenus de leur famille. Ainsi, les chômeurs exclus qui sont cohabitants n’auront pas droit à l’aide du CPAS ;
  3. Elle provoquera au 1er janvier 2015 l’exclusion de 17 000 chômeurs au taux chef de famille et isolés à l’échelle de la Wallonie dont 2 700 rien qu’en Wallonie picarde selon les organisations syndicales ;
  4. Elle entraine de nouvelles charges pour le CPAS et, en cascade, pour les finances communales : entre 73 millions d’euros (première vague de demandes au 1er janvier 2015) et 97 millions d’euros (si tous les exclus des allocations d'insertion venaient à demander un revenu d’intégration le 1er janvier 2015) selon le Président de la fédération des CPAS de Wallonie ;
  5. Elle touchera principalement les femmes (64% de femmes risquent de perdre leur allocation de chômage en Wallonie picarde selon une organisation syndicale) et les jeunes (sur 3000 jeunes en stage d’insertion en wapi, 50% pourraient être concernés par la mesure).
LE CONSEIL COMMUNAL RÉUNI EN SÉANCE PUBLIQUE,

Compte tenu de l’importance de cette réforme pour la commune et la vie communale,
Sachant :

-      Que l’impact estimé de cette mesure, rien que pour la Ville d’Ath, serait l’exclusion du chômage de 222 personnes en 2015 selon les organisations syndicales ;
-      Que les CPAS doivent toujours faire plus avec moins : stabilisation voire réduction des dotations, augmentation du coût du personnel, non indexation des subsides de personnel, transferts de nouvelles charges, sous-financement structurel, etc. ; et devront faire face à d’autres défis pour les années à venir tel que celui du vieillissement. 

Après en avoir délibéré ;

D E C I D E :

-      De demander au gouvernement fédéral la suppression des réformes qui mènent à l’exclusion des allocations d’insertion pour des milliers de chômeurs pour les raisons précitées ;
-      De demander au gouvernement fédéral le financement à 90% du revenu d’intégration sociale, tel que demandé également par l’Union des Villes et des Communes de Wallonie ;
-      De demander au gouvernement fédéral la prise en charge totale du surcoût des frais de personnel inhérents à cette mesure ;
-      De demander au gouvernement fédéral de mettre fin à tout transfert de charges vers les CPAS et les communes ; 
-      De plaider pour une augmentation de l’insertion sociale et socioprofessionnelle des personnes bénéficiant du RIS, en faveur d’initiatives à plus-value économique et sociale, dans le cadre notamment des missions de proximité. 



Quelques liens supplémentaires vers des communications Ecolo :

http://www.ecolo.be/?travailleuses-a-temps-partiels-les
http://www.ecolo.be/?Une-mesure-qui-fera-mal-et-qui
http://www.ecolo.be/?La-majorite-poursuit-sa-politique

L'Eco-féminisme

- Introduction L’écologie féministe, éco-féminisme ou encore, « féminisme environnementaliste », est une approche féministe de l’éthique environnementale, apparue entre les années 1970 et 1980 et est considérée comme faisant partie de la « seconde vague » féministe. Né de l’union entre les pensées féministes radicales et écologiques, l’éco-féminisme doit son appellation à la féministe française Françoise d’Eaubonne. Notons qu’en Amérique du Nord, elle s’est principalement développée à partir des mouvements antinucléaire, anti-guerre, pro-environnementaux et pro-homosexuels (lesbiennes) et, bien sûr, féministes « généralistes » des années 1980. Depuis, maintes publications, conférences et actions basées sur la reconnaissance et l’analyse des connexions existant entre les femmes, la nature et le changement social constituent autant de jalons autorisant l’approche théorique que nous développons ci-après. L’éco-féminisme établit un étroit lien entre la domination de la nature par l’homme et l’exploitation des femmes. Il s’oppose de façon radicale à la mondialisation néo-libérale, considérée comme la cause majeure des problèmes de ce siècle : l’exclusion, les violences, la pauvreté, la pollution, les guerres ouvertes ou larvées. Il est à la fois un mouvement de l’esprit, une philosophie de la vie et une résistance politique. L’éco-féminisme n’est pas un mouvement homogène mais apparaît comme une « résultante » constituée de différentes approches contribuant chacune à alimenter la théorie. Cette hétérogénéité constatée aux sources et au sein-même de l’écologie féministe fait à la fois ses forces et ses faiblesses. (...) Accès à la recherche complète (20 pages) sur demande.